Recherche scientifique: une technique pour réduire le nombre de moustiques dans le monde

Lundi 18 Novembre 2019 - 11:00

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Des chercheurs ont mis au point une méthode de stérilisation des moustiques (TSM) mâles par irradiation. Elle sera bientôt testée dans le cadre des efforts mondiaux de lutte contre des maladies telles que le chikungunya, la dengue, le Zika ou le paludisme, a-t-on appris.

Le procédé consiste à élever de grandes quantités de moustiques mâles stérilisés dans des installations spécialisées, puis à les relâcher pour qu’ils s’accouplent avec des femelles dans la nature, sans se reproduire. Des tests ont déjà permis de constater que cette technique permettait de réduire la population des moustiques, mais les scientifiques ne savent pas encore si cela peut avoir une incidence sur la transmission des maladies.

« Comme ils ne produisent pas de progéniture, la population d’insectes diminue avec le temps », relève l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Florence Fouque, scientifique et chef d’équipe au Programme spécial onusien de recherche et de formation concernant les maladies tropicales (TDR), a assuré, quant à elle, qu’appliquer cette technique visant à limiter la transmission de maladies « pourrait être réellement significatif ».

Tenant compte de l’efficacité de la technique de stérilisation des moustiques, le TDR, en association avec l’OMS, l’Agence internationale de l’énergie atomique et l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, a élaboré un programme pilote à l’intention des pays intéressés à l’utiliser. Les pays sélectionnés devraient être connus début 2020 et les tests devraient durer plusieurs années, selon Florence Fouque.

L’OMS estime que les maladies transmises par les moustiques comme le paludisme, la dengue, le Zika, le chikungunya et la fièvre jaune représentent environ 17% de toutes les maladies infectieuses dans le monde, faisant plus de sept cent mille victimes chaque année et causant des souffrances à bien d’autres.

Pour ce qui est du paludisme, rien qu’en 2017, il a été responsable de quatre cent trente-cinq mille morts. Quant à l’incidence mondiale de la dengue, elle a progressé de manière spectaculaire au cours des dernières décennies : environ la moitié de la population mondiale est exposée au risque, et près de trois millions de cas sont déclarés chaque année dans plus d’une centaine de pays. Un chiffre qui ne représente que 20% des cas réels, a indiqué Raman Velayudhan, coordinateur du Département des maladies tropicales négligées à l’OMS.

L’utilisation de la technique de stérilisation des moustiques réduira le nombre de cas de dengue « d’au moins 25% entre 2025 et 2030 », a-t-il détaillé, ajoutant que l’infection à virus Zika, la dengue, le chikungunya et la fièvre jaune sont les quatre maladies transmises à l’homme par la même espèce de moustique, appelé Aedes aegypti.

La suppression de la population d’insectes – selon la technique dite de l’insecte stérile – est une méthode utilisée dans l’agriculture depuis plus de cinquante ans pour lutter contre les ravageurs. Elle a d’abord été mise au point par le ministère américain de l’Agriculture et utilisée avec succès pour cibler les insectes ravageurs qui attaquent les cultures et le bétail, comme la mouche méditerranéenne des fruits. Consistant à disséminer des insectes élevés en laboratoire et rendus stériles par irradiation, la technique est actuellement utilisée dans le secteur agricole sur tous les continents.

 

Nestor N'Gampoula

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