Restitution du patrimoine culturel africain : le sabre d'Omar Saïdou Tall de retour au Sénégal

Mardi 19 Novembre 2019 - 12:15

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L'objet d'art a été symboliquement remis au président sénégalais, Macky Sall, le 17 novembre à Dakar, par le Premier ministre français, Edouard Philippe, marquant l'engagement de son pays à restituer à l'Afrique son héritage culturel.

La remise du sabre matérialise l'histoire entre les deux pays, mais aussi l'engagement du président Emmanuel Macron à commencer la restitution à l'Afrique de son patrimoine. Ce sabre appartenait à l'ancien empire toucouleur, avant de faire partie des collections du Musée de l'armée à Paris. C'est là une première étape en attendant une loi sur la restitution.

Ce geste en est "la première étape", a déclaré le Premier ministre français, au cours d'une cérémonie, à la présidence sénégalaise, en présence des descendants de l'ancien propriétaire.

A l'occasion de cette remise, une convention prévoyant le dépôt du sabre au Musée des civilisations noires de Dakar, pour cinq ans, le temps que soit rédigée en France une loi sur la restitution proprement dite.  "Nous sommes liés par l'histoire et ce lien prend un accent particulier aujourd'hui", a souligné Edouard Philippe, qui faisait référence à la colonisation et aux relations entre les deux pays, après l'indépendance du Sénégal. Le sabre qui nous réunit ici est infinement plus prestigieux que celui que je possède, c'est celui d'un grand conquérant, celui d'un guide spirituel ... Le sabre d'un fondateur d'empire, l'empire toucouleur qui comprenait la Guinée, le Mali, le Sénégal actuel, c'est le sabre d'un érudit: sa place est bel et bien ici, au coeur de l'ancien empire toucouleur", a-t-il déclaré.

Erudit musulman et guide de l'importante confrérie des Tidianes, Omar Saïdou Tall, dit El Hadj Omar, fut à l'origine de l'empire toucouleur. Il combattit les troupes françaises de 1857 à 1859, avant de signer un traité de paix avec eux en 1860. Selon des historiens sénégalais, il disparut mystérieusement dans les falaises de Bandiagara (Mali) en 1864. Son fils Ahmadou (1836-1897) lui succéda, mais fut vaincu par les Français, en avril 1893, à Bandiagara.

Quatre-vingt-dix mille objets d'art d'Afrique sub-saharienne gardés en France

Les collections publiques françaises renferment au moins quatre-vingt-dix mille objets d'art d'Afrique sub-saharienne. Plus des deux tiers ( soixante-dix mille) se trouvent au Quai Branly, dont quarante-six mille rapportés durant la période 1885-1960. Plus de vingt mille autres se trouvent dispersés dans de nombreux musées.

Le président sénégalais a rappelé que "depuis des décennies, les restitutions font l'objet d'intenses et légitimes réclamations" de la part des pays africains. 

Au cours d'un discours à Ouagadougou, le 28 novembre 2017, le président Emmanuel Macron avait souhaité que "d'ici à cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique. On est prêt à tout prendre", a déclaré le directeur du Musée des civilisations noires de Dakar, Hamady Bocoum.

Noël Ndong

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