Restructuration des quartiers précaires : l’étendue des chantiers

Jeudi 9 Janvier 2020 - 14:45

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Une récente étude présente la fragilité des zones urbaines face aux risques d’inondations, aux érosions et autres aléas climatiques. Ces données devraient servir à la mise en œuvre du Projet de développement urbain et de restructuration des quartiers précaires(Durquap), cofinancé par le gouvernement et la Banque mondiale.

Ces données connercent deux quartiers bénéficiaires Mboukou et Tchiniambi, respectivement dans le troisième arrondissement Tié-Tié et le quatrième arrondissement Loandjili, à Pointe-Noire.

D’après les experts, le quartier de Mboukou présente des cas particuliers qui interpellent. Bien qu’urbanisé, où une grande partie de sa surface est bétonnée, le quartier est exposé à l’érosion de la chaussée (jusqu’à 40cm) causée par la pluie et l’écoulement des eaux. Les fortes pluies provoquent souvent la stagnation des eaux sous forme de flaques persistantes constatée dans la localité.

C’est plus l’intensité des précipitations qui est responsable des aléas hydro-climatiques et celle-ci peut être très marquée dans la région ; les cumuls supérieurs à 80mm/24h sont relativement fréquents et on a atteint 99mm/24h le 13 septembre 2012, l’intensité instantanée d’occurrence décennale atteignant 380mm/h.

L’absence des données fiables ne permet pas de faire le lien entre la situation dans le quartier Mboukou et les inquiétudes des spécialistes sur l’exacerbation des phénomènes climatiques, dont le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.

Quant au quartier Tchiniambi, topographiquement plat, avec des secteurs élevés d’une altitude de 23m, les sols sont ferralitiques sablo-limoneux et ocres-jaunes qui rendent la zone résistante à l’érosion hydrique. À proximité des cours d’eaux, les sols alluviaux sont constitués des mêmes sables limoneux qui sont enrichis en matière organique ; ce qui leur donne une couleur noire.

À en croire les environnementalistes, ces sols sont à l’origine d’affaissements et de tassements pouvant endommager les habitations. De plus, ils sont souvent recouverts d’une mince croûte de battance et contiennent des micro-organismes végétaux à l’origine du ruissellement.     

De nombreux cas de maladies associés aux régions humides sont déplorés, notamment le paludisme et les maladies diarrhéiques. L’enquête réalisée auprès de 300 personnes montre que les populations sont conscientes de la présence des aléas naturels, mais le risque d’inondation préoccupe moins les riverains.

L’enquête de terrain révèle une aggravation de la vulnérabilité des populations ou une amplification des aléas. La variabilité des précipitations est plus délicate à envisager du fait de nombreuses inconnues sur le rôle du couvert nuageux sur les climats. L’avenir des crues est donc très incertain, car le débit du cours d’eau a tendance à diminuer avec les précipitations qui renforcent l’évaporation et à augmenter en cas de précipitations plus importantes.

Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

Un quartier précaire inondé/DR

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