Retrait progressif de la Monusco : les indignés dénoncent une façon de distraire les Congolais

Mardi 20 Octobre 2020 - 16:17

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Le mouvement conseille au gouvernement congolais à négocier plutôt « la venue d’une nouvelle force neutre genre Artemis, en vue d’éradiquer complètement les multiples groupes armés qui pullulent dans la région et dont la Monusco serait accusée de financer ».

Réagissant à la signature, le 19 octobre, à Kinshasa d’une stratégie commune de transition et de retrait progressif et responsable de la Mission onusienne pour la stabilisation de la République démocratique du Congo (Monusco) du territoire congolais, le Mouvement des indignés de la situation sécuritaire en RDC (Miss-RDC) parle d’«une façon de distraire les Congolais et de continuer à maintenir cette force internationale jugée inutile et complice de l’insécurité dans le pays. Les indignés se demandent pourquoi le renforcement de cette force dans l’Est en 2021-2022 alors que des rapports des ONG et de la société civile démontrent l’inertie qui s’observent par ces casques bleues pendant les massacres des personnes civils à proximité de leurs campements ».

Ce mouvement citoyen pense que le gouvernement de la RDC « ferait œuvre utile en plaidant pour la venue d’une nouvelle force neutre genre Artemis, en vue d’éradiquer complètement les multiples groupes armées qui pullulent dans la région et dont la Monusco serait accusée de financer ». Et de rappeler à David McLachlan- Karr, le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guteress, que c’est depuis le mois d’octobre 2019 que les indignés exigent le départ immédiat de la force onusienne du territoire congolais. « Le fait d’évacuer les deux Kasaï (2021), et le Tanganyika (2022) pour les concentrer dans l’Est dénote d’un agenda caché d’autant que vingt ans durant la présence de la Monusco dans cette partie n’a rien apporté comme changement », a fait savoir ce mouvement. Il est, en effet, rappelé que cette stratégie commune de transition et de retrait progressif et responsable de la Monusco a été signée à Kinshasa par le gouvernement congolais représenté par la ministre chargé des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, et le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies, David McLachlan- Karr.

Un renforcement de la composante police et civile

Cette stratégie, selon le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, prévoit une réduction graduelle et responsable de la Monusco dans les deux Kasaï (2021) Tanganyika (2022) et le renforcement de la présence des casques bleus dans l’Est du pays pour les années prochaines 2021- 2022. A l’en croire, ce retrait progressif se fera en parallèle d’un renforcement temporaire de la composante police et civile qui viendrait soutenir la consolidation des fonctions régaliennes de l’Etat de droit.

Pour David McLachlan- Karr Il,  cette stratégie est le résultat d’un très bon travail entre le gouvernement de la RDC et l’équipe de la Monusco. « La Monusco reste ici pour travailler avec le gouvernement de la RDC et dans l'avenir », a-t-il indiqué. Répondant à une  question sur l’insécurité que l’on continue à déplorer dans certaines parties du territoire congolais, le représentant adjoint du secrétaire général des Nations unies a rassuré que, cette fois-ci, la population congolaise pourrait dormir tranquille. « C’est en partenariat avec la RDC que nous assurons la sécurité mais aussi la paix et le développement du pays. On va travailler ensemble les prochaines années ici, on reste ici », a-t-il dit.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

La ministre Tumba Nzeza et David McLachlan- Karr lors de la signature de la stratégie

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