Sahel : le renouvellement du mandat de la Minusma n'est pas encore acquis

Lundi 3 Juin 2019 - 13:30

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La situation prend une ''dimension complexe'', a déclaré le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

Outre les actions classiques des groupes armés terroristes, il vient se greffer des affrontements interethniques ainsi que des attaques à " dimension religieuse", en particulier contre les communautés chrétiennes du Burkina Faso et du Niger. Les organisations jihadistes en profitent pour accentuer leur influence. Pour Jean-Yves Le Drian ''cela nécessite de la part des pays concernés le renforcement de leurs mesures de sécurité internes et externes", passant notamment par la Force conjointe du G5 Sahel, dont la mise en place ne se fait pas ''suffisamment vite'', a-t-il relevé.

Mais les membres du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie) ne sont pas à blâmer, l’aide financière promise tardant à être débloquée. ''La Force conjointe continue de se heurter à un manque important de formation, de moyens et de matériel'' , a expliqué le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, citant notamment ''le manque de protection individuelle, de véhicules blindés et de moyens de transport, ainsi que l’absence de chaînes d’approvisionnement logistique permettant de transporter du carburant et des vivres''.

Pour Jean-Yves Le Drian, ''la force commune doit progressivement assumer ses responsabilités (car) Barkhane ne peut pas tout faire''. Il a estimé qu’il ''ne faudra pas que les autorités des pays du Sahel restent dans le ‘confort’ d’avoir Barkhane derrière''. Et d’ajouter : ''C’est une tentation (pour eux) '' mais il faut qu’on leur '' dise que la sécurité des Africains se fera par les Africains eux-mêmes car Barkhane n’a pas vocation à rester une éternité''.

Selon le chef de la diplomatie française, le renouvellement du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) n’est pas pour le moment acquis. Or, cette dernière apporte un appui logistique à la Force conjointe G5 Sahel au Mali. En cause? Les États-Unis estiment que la Minusma n’a pas réussi à rétablir la paix dans ce pays et qu’il fallait par conséquent envisager son retrait partiel.

''Nous sommes déçus face à l’absence de progrès significatifs. […] Le moment est venu de voir si une opération de maintien de la paix est bien le meilleur moyen de régler la situation au nord du Mali '', déclarait, en mars dernier, le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires politiques, David Hale.

Jean-Yves Le Drian a expliqué aux députés que les États-Unis exercent une pression pour réduire les coûts des forces de maintien de la paix et pourraient convaincre certains acteurs, pour limiter la mission. Le renouvellement du mandat de la Minusma se décidera ou pas courant ce mois.

Noël Ndong

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