Santé: le Congo enclenche le processus de règlementation de la commercialisation des substituts du lait maternel

Jeudi 24 Janvier 2019 - 12:56

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Adopté par l’Assemblée mondiale de la santé en 1981, le code international de commercialisation des substituts du lait maternel vise, entre autres, à encourager et protéger cette politique tout en restreignant ses publicités agressives.

Le gouvernement a organisé, le 23 janvier à Brazzaville, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Unicef, l’atelier d’élaboration du projet de décret réglementant la commercialisation des substituts du lait maternel. En effet, en adoptant cette décision, l’Assemblée mondiale de la santé a recommandé aux gouvernements de prendre des lois nationales réglementant ce commerce. Selon la conseillère régionale pour la nutrition OMS Afrique, le Dr Adelheid Onyango, l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant est reconnue comme étant l’une des interventions préventives les plus efficaces et les moins coûteuses pour une bonne nutrition et permet de réduire de 19% la mortalité infanto-juvénile.

« Cependant, malgré ces bénéfices évidents, il est à constater qu’au Congo, seulement 25% des nouveau-nés sont allaités dans la première heure de vie et 33 % des enfants bénéficient d’un allaitement exclusif au cours des six premiers mois de vie. Les services de maternité devant jouer un rôle crucial dans le soutien et la promotion de l’allaitement sont malheureusement les endroits de propagande mal orientée sur l'alimentation du nourrisson », a-t-elle peint le tableau du Congo.

Le marketing des substituts du lait maternel constitue, a-t-elle rappelé, une des principales barrières à la pratique optimale de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Le recours inadapté et superflu à ces substituts est, a poursuivi Adelheid Onyango, associé à une augmentation du risque de maladies respiratoires et diarrhéiques, ainsi qu’à une hausse de décès chez les enfants de moins de 5 ans. Ainsi, au regard de ce tableau quelque peu sombre, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (l’Unicef) et l’OMS se sont engagés aux côtés du gouvernement du Congo pour la protection, la promotion et le soutien de l’allaitement maternel à travers l’élaboration du code sur les substituts du lait maternel. En effet, l’engagement grandissant en faveur des Objectifs de développement durable offre une nouvelle impulsion pour améliorer les pratiques de l’allaitement maternel.

« Nous croyons qu’il est possible de progresser vers l’atteinte de la cible de 50% de l’allaitement exclusif dans notre pays, le Congo, à travers un certain nombre de mesures dont l’adoption du code et l'établissement de mécanismes de surveillance transparents, indépendants et dégagés de toute influence commerciale. L’Unicef et l’OMS sont à vos côtés pour travailler à cela afin de sauver la vie des enfants congolais en leur donnant un bon départ car, l’allaitement précoce et exclusif est un droit pour chaque enfant qui naît dans ce pays », a-t-elle conclu, espérant sur l’appui du ministère de la Santé pour les prochaines étapes.

Ouvrant les travaux, le directeur de cabinet de la ministre de la Santé et de la population, Florent Balandamio, a rappelé que cet atelier s’inscrivait dans le cadre de la mise en œuvre du plan opérationnel du cadre stratégique de lutte contre la malnutrition, horizon 2025. Revenant sur les résultats de l’enquête par grappes à indicateurs multiples 2014-2015, il a rappelé que ce décret s’avère utile au Congo car le défi d’améliorer le taux d’allaitement maternel exclusif commande, entre autres, que le pays renforce son cadre juridique en matière de nutrition.

La réglementation de la commercialisation des substituts du lait maternel est, a-t-il indiqué, un des moyens pour la mise en œuvre convenable des initiatives et engagements internationaux en faveur de la promotion ou de la protection de l’allaitement maternel. Il s’agit notamment de la Déclaration d’Innocenti de 1990 et de l’Initiative Hôpitaux amis des bébés de 1991. « La signature, à terme, de ce décret, comblera le vide qui, trente-sept ans durant, a laissé le champ libre aux délégués de sociétés commercialisant les substituts du lait maternel. Ces derniers en ont profité pour fréquenter nos formations sanitaires et vanter leurs produits alors qu’ils ne valent pas le lait maternel, fondement de la vie », a déclaré Florent Balandamio, soulignant la nécessité d’adapter ce projet de décret au contexte national.

Notons qu’après l’élaboration de ce texte, les prochaines étapes concerneront l’adoption et l’application du code de commercialisation des substituts du lait maternel au Congo.

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

- Le présidium / Adiac - Les officiels posant avec les participants/Adiac

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