Serge Makaya ouvre la boîte à souvenirs

Samedi 9 Mai 2020 - 15:44

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Passé par V. Club, Saint-Michel de Ouenzé, Diables noirs et l'AC Léopards, Serge Makaya est un habitué des finales. L'ancien gardien international, désormais en France, revient sur les temps forts de sa carrière.

Les Dépêches de Brazzaville : Serge, aussi loin que remonte tes souvenirs de foot, as-tu toujours joué au poste de gardien ?

Serge Makaya : Jusqu’à l’âge de 15 ans, je dirais, j’étais dans le champ. Un jour, je suis allé dans les buts et j’ai fait plein de parades. Tout le monde m’a dit que j’étais meilleur que le gardien habituel, donc j’y suis resté.

LDB : Et dans le champ, à quel poste jouais-tu jusqu’alors ? Penses-tu que tu aurais pu y faire carrière aussi ?

S.M : J’étais avant-centre ou meneur de jeu et j’étais un très bon joueur. Oui, je crois que j’aurais pu faire une carrière aussi. Ce qui est certain, c’est que cette connaissance des postes offensifs m’a aidé dans mon parcours de gardien.

LDB : Avec quel club as-tu fait tes débuts au Congo ?

S.M : J’ai été formé à Mbota AC, un des bons clubs formateurs à Pointe-Noire. Mon premier match, c’était contre Manchester, on avait perdu 0-1 avec un but de Waddle Mavoungou en 1997-1998.  En face, c’était la grande équipe de La Mancha en face avec les Barel Mouko, Teddy Ongoly, Narcisse N’Zebele « capi Nazo »…

LDB : Durant ta carrière, derrière quel défenseur te sentais-tu le plus en sécurité ?

S.M : Destin Papou Makita. Lorsque nous évoluions ensemble, je me sentais vraiment rassuré C’était un défenseur très intelligent, toujours bien placé et patient aussi. Je le chargeais beaucoup et lui, il fermait ses oreilles et il laissait passer l’orage. Nous nous sommes beaucoup côtoyés, en sélection et en clubs, à V.Club puis à l’AC Léopards.

LDB : Te souviens-tu d’un attaquant que tu redoutais particulièrement ?

S.M : Je dirais Mavoungou Waddle. C’était un super joueur, mais aussi un ami et il me connaissait trop bien, il savait m’anticiper.

LDB : Te souviens-tu de ta première sélection chez les Diables rouges ?

S.M : Oui, c’était avec Jean-Guy Wallemme au Burkina Faso lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2014 (ndlr : victoire sur tapis vert à Ougadougou). Il y avait eu une grosse tempête de sable. Ensuite, j’avais été appelé face au Niger.

LDB : En sélection, quel attaquant adverse sort du lot ?

S.M : Je pense au Gabonais Théodore Nzue Nguéma, qui portait le dossard numéro 7 en sélection. Un très bon joueur qui a joué à Téléstar avec Papou Makita.

LDB : Ta carrière a été jalonnée par plusieurs campagnes interclubs…

S.M : Oui, j’ai gagné la Coupe de la CAF avec l’AC Lépoards, mais je l’ai aussi connue avec V.Club et Diables noirs.

LDB : Et quel est le match le plus marqué ?

S.M : Un match retour au Nigeria sur le terrain du FC Niger Tornadoes en 2000 (ndlr : élimination du Vita Club de Mokanda au premier tour de la Coupe des vainqueurs de Coupe 2001, aux tirs au but). Nous avions été éliminés, mais j’avais fait un match incroyable et ensuite Alain Ngouinda m’avait dit : « Tu fais partie des meilleurs gardiens au Congo ». Individuellement, c’est le match qui lance ma carrière au haut niveau.

LDB : Quel que soit le maillot, sais-tu combien de finales tu as disputé durant ta carrière ?

SM : On va compter ensemble : en sélection, j’ai joué deux finales de la Coupe de la Cemac, la première gagnée contre le Gabon et l’autre perdue contre le Cameroun (ndlr : 1-0 en 2007 et 0-3 en 2008). En club, j’ai perdu la finale de la Coupe du Congo en 2000 avec V.Club contre l’Etoile, j’ai aussi joué des finales du championnat avec Saint-Michel de Ouenzé, avec Pitchou Mouaya, et avec Diables noirs. En fin de compte, j’en ai joué quelques-unes, hein…

LDB : Mais en 2012, tu ne joues pas la finale de la Coupe de la CAF contre l’AC Djoliba…

S.M : Non, effectivement. Moi, j’ai toujours respecté la concurrence sportive, mais il y avait d’autres pratiques, comme le fétichisme. J’avais refusé les histoires de gris-gris et j’étais remplaçant.

LDB : Mais ton histoire avec les coupes s’est ensuite poursuivie, puisque tu as gagné la Coupe du Cher en 2015.

S.M : Oui, nous avions battu Saint-Amand en finale avec Bourges.

LDB : Et comment envisages-tu la suite ?

S.M : Cette saison, j’évoluais aux Portugais de Bourges. Nous étions 8e de R1 (ancienne division d’honneur, la 6e division nationale) lorsque la saison a été interrompue. Je vais voir pour la saison prochaine, car il y a Bourges 18, qui évolue en National 3, qui me veut. Et moi, j’ai envie de faire durer le plaisir…

 

Camille Delourme

Légendes et crédits photo : 

Serge Makaya, ici avec les Diables rouges en 2012 à Ouagadougou (CD/ADIAC) Le natif de Pointe-Noire pose ici avec Michel Ettorre, entraîneur des gardiens en 2012 (CD/ADIAC)

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