Soudan du Sud : Riek Machar non-partant pour un gouvernement d’union

Lundi 21 Octobre 2019 - 16:39

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Le chef rebelle sud-soudanais a annoncé, le 20 octobre à Juba, vouloir un nouveau report pour la formation d'un gouvernement d'union avec le président Salva Kiir, estimant que toute précipitation conduirait à la catastrophe.

Arrivé samedi pour s'entretenir avec le président soudanais, l'opposant Riek Machar a rencontré une délégation du Conseil de sécurité des Nations unies en visite au Soudan du Sud, trois semaines avant la date butoir pour la formation d'un gouvernement d'union nationale, fixée au 12 novembre.

« Si nous n'avons pas d'armée nationale, de police, de sécurité, comment formez-vous le gouvernement ? Ce matin, le président Kiir et moi avons rencontré les chefs de la sécurité et ce que nous avons constaté, c'est que même en trois mois, nous n'y arriverons pas », a déclaré Riek Machar. Et d’ajouter : « Nous avons des problèmes cruciaux à résoudre, les dispositions en matière de sécurité doivent être en place. Si nous n'y sommes pas le 12 novembre quand Kiir insistera pour former le gouvernement comme il a menacé de le faire, ne nous blâmez pas ».

L'ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU, Kelly Craft, s'est dit déçue par ces remarques. « Les dirigeants politiques du Soudan du Sud ont la possibilité de faire des compromis politiques et de passer à la phase suivante du processus de paix d'une manière crédible, transparente et responsable », a-t-elle déclaré.

« Pourquoi ne pas se donner deux mois pour résoudre les problèmes de sécurité et du nombre d'États plutôt que de former un gouvernement qui s'effondrera dans deux mois ? », a demandé Lam Akol Ajawin, chef d'un autre groupe rebelle, le Mouvement national démocratique.

D'autres signataires de l'accord de paix de septembre 2018 sont divisés sur un éventuel report de la date butoir. Toutefois, Kiir et Machar devraient poursuivre leurs pourparlers ce lundi.

La formation de ce gouvernement a déjà été retardée en mai, en raison de désaccords sur des questions cruciales comme la mise en place d'une armée unifiée, composée de rebelles et de forces gouvernementales, et les frontières des Etats sud-soudanais.

Machar a averti que si les questions de sécurité n'étaient pas réglées, le pays connaîtrait des combats comme en 2016, lorsqu'un accord de paix antérieur avait échoué, le contraignant à fuir et aggravant le conflit. « Pourquoi voulez-vous répéter la même erreur ? », a-t-il demandé à la délégation du Conseil de sécurité, qui fait pression pour que le gouvernement aille de l'avant.

Aux termes de l'accord de paix, les combattants de toutes les parties doivent être entraînés et déployés dans le cadre d'une armée unifiée de quatre-vingt-trois mille hommes; un processus qui a été entravé par les retards et le manque de financement.

Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en 2013, deux ans après son indépendance du Soudan, lorsque Salva Kiir, un Dinka, a accusé Riek Machar, alors son vice-président, membre de l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'État. Le conflit a fait plus de trois cent quatre-vingt mille morts et poussé plus de quatre millions de déplacés Sud-Soudanais.

Josiane Mambou Loukoula

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