Swalinga et l'Univers du Petit Africain: le numérique au service des langues africaines

Jeudi 9 Juillet 2020 - 21:32

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Le Congolais Thierry Luse et le Sénégalais Diaddou Cissé sont à l’initiative de deux centres linguistiques virtuels dédiés à l’apprentissage de diverses langues africaines. Leur objectif : préserver et faire connaître les langues africaines en utilisant les nouvelles technologies.

La plateforme conçue par Thierry Luse, « Swalinga », propose une initiation aux langues africaines par la diversification des outils d’apprentissage : diaporama, dessins animés, mots croisés, mots cachés, contes, e-Books, musique, fiction et divers autres jeux mnémotechniques & cérébraux.

Ces divers outils permettent d’enrichir et d’améliorer la culture générale sur le Congo, l’Afrique et ses peuples. À travers ce site, Thierry veut encourager et promouvoir les dialectes d’Afrique au-delà du continent. Le média-entrepreneur et artiste congolais entend également remédier au manque de connaissance du lingala et swahili parmi les enfants congolais nés ou grandi en Occident.

Par ailleurs, « L'Univers du Petit Africain » est une maison d'édition dont le but est d'éditer et de diffuser des livres d'apprentissage de langues africaines à destination des enfants.

La structure se donne pour mission d'éditer et de diffuser des livres autour de célèbres personnages de contes africains, pour aider les enfants à travers des activités à pouvoir lire, écrire, comprendre et raconter des contes, des histoires en langues africaines.

Qu’ils soient de la diaspora africaine ou non, les enfants d’Afrique sont tous confrontés au même problème : le manque d'ouvrage dans leurs langues d'origine qui leur soit destiné.

Dans bon nombre de pays africains, les langues maternelles parlées au quotidien ne sont pas obligatoirement enseignées dans le cadre scolaire officiel. En délaissant ces langues au profit exclusif des langues internationales (français, anglais…), les pays africains ne facilitent ni la diffusion du savoir au sein de leurs sociétés, ni l’intégration de leur savoir à la communauté académique mondiale.

La langue seule n’explique pas tout et il existe bien entendu plusieurs facteurs qui contribuent au dynamisme de la recherche dans un pays : moyens économiques, existence d’un tissu industriel, tradition universitaire, etc. Cependant, il n’est pas nécessaire d’avoir une langue parlée sur les cinq continents pour contribuer à l’amélioration du savoir mondial. Les pays asiatiques, notamment la Chine, ont fait le choix d’une éducation basée sur la langue maternelle. Leur réussite académique et économique montre qu’il existe une différence significative entre la langue d’acquisition du savoir, c’est-à-dire la langue d’enseignement, et la langue de communication qui correspond à une langue de portée internationale utilisée pour partager ce savoir en dehors de ses frontières.

En Afrique, il ne s’agira pas de remplacer le français ou l’anglais par une seule autre langue. Il apparaît plus judicieux de se diriger vers un enseignement multilingue basé sur la langue maternelle comme le recommande l’Unesco et ses nombreuses études de cas pratiques depuis 1953 et de faire la promotion de nations africaines basées sur la reconnaissance de la diversité linguistique et culturelle. La meilleure manière de promouvoir une langue ou au contraire de l’éliminer se fait au niveau officiel, par exemple si une langue est obligatoire pour l’enseignement, des échanges administratifs ou encore la recherche d’un emploi.

 

Durly Emilia Gankama

Légendes et crédits photo : 

Photo: Outils d'apprentissage de l'application "Swalinga" Photo:Jeux d'apprentissage du lingala de la plateforme "l'Univers du Petit Africain"

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