Unesco : repenser l'avenir de l'éducation post-Covid-19

Jeudi 25 Juin 2020 - 14:29

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Un rapport de l'Unesco souligne  la nécessté d'une éducation plus inclusive, notant  une intensification de l'exclusion pendant la crise de Covid-19 et que  moins d'un pays sur dix dispose de lois contribuant à assurer l'inclusion dans l'éducation. 

Environ 40% des pays à faible et moyen revenu n'ont pas soutenu les apprenants défavorisés pendant la fermeture des écoles liée aux mesures de confinement, selon le rapport. L'Unesco appelle les pays à se concentrer sur les personnes laissées pour compte lors de la réouverture des écoles pour  "rendre les sociétés plus résilientes et plus égalitaires". Pour relever les défis,  "il est impératif d'évoluer vers une éducation plus inclusive", a déclaré la directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay, pour qui "repenser l'avenir de l'éducation est d'autant plus important après la pandémie de Covid-19, qui a encore aggravé et mis en lumière les inégalités".

Une exclusion persistante et flagrante 

Selon le rapport, 258 millions d'enfants et jeunes sont privés d’instruction. La pauvreté est le principal obstacle à leur accès à l'éducation; alors que les adolescents issus des 20% de ménages les plus riches ont trois fois plus de chance de terminer le premier cycle de l'enseignement secondaire que ceux des ménages les plus pauvres; et aucune jeune femme pauvre vivant en milieu rural ne termine ses études secondaires dans une vingtaine de pays, la plupart en Afrique subsaharienne. Dans 10 pays à faible et moyen revenu, les enfants handicapés ont 19% de chances en moins d'atteindre un niveau minimum en lecture que ceux qui ne sont pas handicapés. 

Le rapport souligne que de nombreux pays pratiquent encore la ségrégation dans l'éducation, renforçant ainsi les stéréotypes, la discrimination et l'aliénation, et que deux pays d'Afrique interdisent toujours l'accès des filles enceintes à l'école, 117 autorisent les mariages de mineurs, tandis que vingt pays n'ont pas ratifié la Convention 138 de l'Organisation internationale du travail (OIT) interdisant le travail. Dans les pays de l'OCDE, plus des deux tiers des élèves issus de l'immigration fréquentent des écoles où ils représentent au moins 50% de la population scolaire, ce qui réduit leurs chances de réussite. " La pandémie de Covid-19 nous a offert une réelle opportunité de repenser nos systèmes éducatifs. Mais le passage vers un monde qui valorise et accueille la diversité ne se fera pas du jour au lendemain", estime le directeur du Rapport mondial de suivi sur l'éducation, Manos Antoninis. 

Pour le rapport, les croyances discriminatoires des parents constituent un obstacle à l'inclusion. Les parents d'enfants vulnérables souhaitent envoyer ces derniers dans des écoles qui assurent leur bien-être et répondent à leurs besoins. Quelque 335 millions de filles ont fréquenté des écoles qui ne leur fournissaient pas les services d'eau, d'assainissement et d'hygiène dont elles avaient besoin pour continuer à assister aux cours pendant leurs menstruations.

Vaincre l'aliénation des apprenants et mettre en place une chronique de données sur "les laissés pour compte"

Pour le rapport, les enseignants ont besoin d'une formation sur l'inclusion, moins d'un enseignant sur dix du primaire dans dix pays francophones d'Afrique subsaharienne a déclaré avoir reçu ladite formation, et un quart des enseignants de 48 pays souhaitent davantage de formation pour enseigner aux élèves ayant des besoins particuliers.

Près de la moitié des pays à faible et moyen revenu ne recueillent pas suffisamment de données sur l'éducation des enfants handicapés, déplore le rapport; et " 41% des pays – où vit 13% de la population mondiale – n'ont pas mené d'enquêtes ou, quand ils l’ont fait, n'ont pas rendu publiques les données recueillies. Les chiffres sur l'apprentissage sont principalement tirés des écoles et ne tiennent pas compte des personnes qui ne les fréquentent pas". Le rapport déplore également l'insuffisance des données, "ce qui nous empêche d’avoir un portrait complet de la situation. Il n'est donc pas étonnant que les inégalités soudainement mises en lumière lors de la pandémie nous aient pris par surprise", conclut Manos Antoninis. 

Noël Ndong

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