Vie associative : marche pacifique contre les inégalités sociales des policiers et militaires

Jeudi 2 Janvier 2020 - 13:56

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La situation des policiers et militaires demeure préoccupante quasiment une année après l’arrivée d’un nouveau président de la République à la tête du pays au terme d’une élection présidentielle apaisée et une alternance pacifique et civilisée du pouvoir entre le nouveau chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, et son prédécesseur Joseph Kabila.

Structure œuvrant pour l’amélioration des conditions des policiers et militaires, l’ASBL Telema Muana ya Mapinga (TMM) -Debout enfant du policier et militaire- a organisé, le 26 décembre 2019, à la salle Decraeye au Centre des handicapés à Kinshasa, une conférence de presse pour annoncer une marche. « Nous comptons organiser une marche pacifique le 14 janvier 2020 à 10h. Le point de départ sera à kintambo Magasin, et le point de chute à la Cité de l’OUA où nous remettrons un mémo en main propre au président de la République. Cette activité est dénommée ‘’Non aux inégalités sociales’’», a indiqué Christella Kiakuba Lubanzadio, fondatrice et coordonnatrice principale de l’ASBL TMM. Cette marche, a-t-elle souligné, s’inscrit en sus dans la logique de la politique sociale du chef de l’Etat, consacrant l’année 2020 comme celle des actions concrètes. Aussi est-il de droit que celle-ci soit profitable à tous les Congolais en général, particulièrement aux policiers et les militaires ainsi que leurs dépendants.

Elle a argué que l’article  12 de la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée en 2011 reconnait « l’égalité de tous le Congolais devant la loi ». L’article 12 du statut de militaire des Forces armées de la République dispose : « Le militaire jouit de tous les droits et libertés reconnus aux citoyens…». Dans le même ordre d’idée, le statut de militaire en ses articles 125 à 138 donne un certain nombre des droits aux dépendant (enfants, femmes et maris) des militaires. Et la Loi organique de 2013 portant statut des personnes de carrières de la Police nationale congolaise donne un certain nombre d’avantages des personnels policiers et leurs dépendant à ses articles 134 à 146. Et Christella Kiakuba de déplorer : « Mais lorsque vous rentrez dans la vie d’un policier, d’un militaire et si nous observons leurs enfants, vous allez constater qu’aucun d’eux ne se retrouve dans ses droits pourtant prévus dans la Constitution et dans les statuts ci-haut cités. Raison pour laquelle, nous voulons organiser cette marche pacifique pour dire à la face du monde en général et de la RDC en particulier que les pères que vous envoyez au front pour défendre ce pays, derrière eux, ils laissent les époux et épouses, les enfants, des familles entières en état de désespoir, avec larmes aux yeux. Qu’est-ce que vous faites pour eux ? Le non-respect des dispositions constitutionnelles et des statuts des militaires et policiers mettent en difficulté la vie du militaire et du policier, ainsi que leurs dépendants ».

Plus encore, la solde du policier et du militaire, prévue par la loi, ne leur permet pas de vivre, encore moins de prendre soin de leur famille. Raison pour laquelle les dépendants des militaires (enfants, époux, épouse...) sont livrés à eux-mêmes, et s’adonnent à des pratiques peu orthodoxes, juste pour trouver de quoi vivre, pendant que leurs pères militaires sont au front, en train de livrer bataille pour sauvegarder l’intégrité du territoire national. Et elle a plaidé : « Les ministres, les députés, les sénateurs… scolarisent leurs enfants et prennent bien soin de leurs familles, pendant qu’un militaire et un policier se trouve dans l’impossibilité de réunir les deux bouts du mois. Nous nous hâtons à critiquer les dérapages policières et militaires ainsi que de leurs dépendants à la place publique, alors que personne ne pense à eux, et ces derniers n’ont aucune chance pour devenir des personnes de leur propre rêve, leur vie se résume qu’en inégalité sociale. Saint Thomas d’Aquin a dit :‘Il faut un minimum de confort pour pratiquer la vertu’ ».

La marche pacifique du 14 janvier 2020 vise donc à interpeller le président de la République, commandant suprême des Forces armées et de sécurité de la République, lui qui a promis de faire de l’amélioration des conditions de vie des policiers et militaires ainsi que de leur dépendant son cheval de bataille de son quinquennat. Elle a aussi demandé au Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba et d’autres personnes de bonne volonté au niveau local et international « de venir en aide aux enfants de policiers et militaires afin que les chances de la réussite soient maximisées ». Notons que TMM est une ASBL qui regroupe en son sein tous les enfants des militaires et des policiers actifs et inactifs (anciens combattants), avec pour objectif de militer pour l’amélioration effective de leurs conditions sociales. Elle est présente dans plus de quinze camps militaires et policiers à Kinshasa. Dans sa vision nationale, elle compte, dès janvier 2020, lancer des opérations afin de conscientiser les enfants des militaires et policiers en provinces.

Martin Enyimo

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 : Christella Kiakuba, coordonnatrice de l'Asbl Telema Muana ya Mapinga Photo 2 : L'ASBL TMM en conférence de presse le 26 décembre 2019

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