Vie des partis. Jacquemin Shabani : « J’espère pour eux que c’est juste un discours politique, sinon c’est de la rébellion »

Jeudi 12 Novembre 2020 - 14:18

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Le président de la commission électorale permanente de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a, dans un entretien avec Le Courier de Kinshasa, réagi aux communiqué final de la retraite du FCC tenue à Safari Beach à Kinshasa.

Réagissant au communique final qui a sanctionné la dernière retraite des cadres du Front commun pour le Congo (FCC), Jacquemin Shabani, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et président de la commission électorale permanente du parti (CEP), a, dans un entretien exclusif au Courier de Kinshasa, admis que le dossiers des juges à la Cour constitutionnelle était une page déjà tournée, étant donné que ladite cours fonctionne déjà avec ou sans leur consentement. « Je crois qu’en ce qui concerne les juges constitutionnels, c’est une page tourné. L’affaire des juges est derrière nous ….J’espère pour eux que c’est juste un discours politique sinon, c’est de la rébellion », a-t-il dit.

Quant au refus des membres du FCC de participer aux consultations que le chef de l’état a initiées, ce cacique de l’UDPS s’est voulu tranchant. Il estime que c’est mal poli le fait que les membres du FCC se sont retirés en retraite alors que la première autorité du pays les invite pour discuter sur des questions ayant trait à l’évolution de la vie sociale des Congolais. « J’estime que c’est imprudent et mal appris. Le président de la République vous convie et toutes les autres forces sociales à une consultation, vous, vous allez en retraite », a déclaré Jacquemin Shabani. Pour ce dernier, il aurait été mieux que ces membres du FCC fassent des conclusions de leur retraite l’objet de leurs discussions avec Felix Tshisekedi.  Ce cadre de l’UDPS se dit, par ailleurs, confiant et pense qu’avant la fin de ces assises le FCC aussi sera reçu par le président de la République.

Pour l’ex-secrétaire général de l’UDPS, l’accord FCC- Cap pour le changement (Cach), qui lie Félix Tshisekedi et Joseph Kabila ainsi que leurs groupements politiques respectifs, a déjà montré ses limites. De son avis, le président de la République s’est donné beaucoup de peine pendant deux années pour couvrir les failles de cet accord et qu’il s’avère impérieux de requalifier la majorité parlementaire pour un nouveau décollage. « Lorsqu’un groupe politique se rebelle contre le pouvoir judiciaire, c’est clair que la crise est là ! Elle a été couverte par le chef de l’Etat dans l’espoir de trouver une issue favorable mais rien n’est venu. Il est donc temps de requalifier la majorité », a-t-il fait constater. Quant à l’avenir de cet accord, Jacquemin Shabani dit que ce document ne lie pas le pays indéfiniment. Ce document, pense-t-il, a été signé pour le bien du Congo et si ça ne marche pas, on peut s’en passer pour le bien des Congolais.

Pour répondre aux détracteurs de l’UDPS qui présentent aux probables futurs alliés le spectre de la trahison et qui prennent exemple sur l’actuelle situation des alliés tels que le  FCC et Vital Kamerhe, Jacquemin shabani s’indigne et invite ces derniers à considérer le combat de le l’UDPS. «  Il faut  décrypter les comportements de nos différents partenaires à partir du moment où nous avons fait le constat que ceux-ci ne sont plus en mesure de nous accompagner dans notre combat de faire développer le Congo. Là, nous invitons notre partenaire à revisiter les termes du partenariat », a-t-il insisté.

L’UDPS se prépare déjà pour un nouveau mandat de Felix Tshisekedi

Jacquemin Shabani a également réagi à propos de l’audio de Joseph Kabila diffusée par l’hebdomadaire Jeune Afrique, dans laquelle l’ex-chef de l’Etat parlait de l’accord qui le lie au rejeton du sphinx de Limete selon laquelle le Cach dont l’UDPS soutiendrait le candidat du FCC à la présidentielle en 2023. L’ex-secrétaire général de l’UDPS affirme qu’il ignore l’existence d’un tel accord et avoue, par ailleurs, que son parti est déjà à la manœuvre pour mettre en marche toutes les batteries qui vont concourir à la réélection de Felix Tshisekedi pour un nouveau mandat à la tête du pays. « Je ne suis pas au courant de cet accord auquel il a fait allusion. Le peuple et moi avions plutôt suivi cet accord gouvernemental qui est passé en direct à la télévision nationale. Je suis président de la commission électorale du parti ; mon équipe et moi-même travaillions sur la prochaine candidature du chef de l’Etat en 2023 », a-t-il déclaré.

Il est rappelé que, dans les conclusions de leur retraite, les membres du FCC ont dit maintenir leur refus de participer aux consultations que tient le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi. Ils se sont également refusés de reconnaître la récente nomination des juges à la Cour constitutionnelle et invitent, par ailleurs, leur partenaire, le Cach, à la discussion dans un cadre prévu par l’accord de coalition qu’ils ont signé.

Christopher Khonde

Légendes et crédits photo : 

Jacquemin Shabani

Notification: 

Non