Violence sexuelle : le viol collectif d’une mineure de 13 ans jette Kinshasa dans l’émoi

Mercredi 19 Juin 2019 - 16:45

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L’affaire fait grand bruit dans la ville. L’indignation est à son comble. Des élèves censés accorder la primauté aux études ont préféré arpenté, un soir, la voie inextricable du sexe en laissant libre cours à des fantasmes longtemps contenus.

Viol collectif prémédité, tel est le grief imputé à un groupe d’adolescents qui, dans la soirée du 17 mai, ont pris la liberté d’abuser d’une mineure de 13 ans, dans un appartement au centre-ville de Kinshasa. Le collège Révérend Kim où étudient la victime et ses bourreaux d’un soir n’avait visiblement plus leur contrôle en cette nuit fatidique. Loin de leurs encadreurs, les élèves ont planifié, à leur insu, l’organisation d’une fête d’anniversaire qui s'est transformée en un véritable cauchemar pour les descendantes d’Eve.

Les organisateurs, dont la tranche d’âge varie entre 15 et 17 ans, ont entraîné dans leur virée perverse les élèves des classes inférieures. La fête a pris une pente glissante lorsqu’à forte dose d’alcool ingurgité, la libido s'est mise en transe, ne retenant plus ses effets rétifs dans une soirée où l’emprise sexuelle était si grande. Sur ces entrefaites, une jeune fille de 13 ans, représentant sans doute le maillon faible dans la dynamique vicieuse qui s’est enclenchée, a subi un harcèlement à la limite de l’indécence de la part d’un des fêtards. Loin d’être une proie facile, la fille a résisté aux assauts de son courtisan. Ce dernier qui ne voulait rien lâcher a fini par trouver l’astuce. En un temps deux mouvements, une drogue était vite déversée dans le verre de la fille dont l’attention était détournée malicieusement. La suite est une série de scènes croustillantes dignes de pornographie. Six jeunes garçons en plus du commanditaire se sont retrouvés, à la queue leu leu, dans une pièce minuscule, faisant subir à leur victime inconsciente le supplice du sexe.  

Un verdict complaisant

Lorsque les faits sont portés sur la place publique, la clameur est telle que d’aucuns imaginaient déjà le niveau de la peine qu’allaient encourir les violeurs. Coup de théâtre. Le tribunal pour enfant de la Gombe, où le dossier a été expédié, a rendu son verdict la veille de la date fixée, soit le 17 juin, en l’absence des avocats de la victime.

Parmi les sept garçons ayant comparu dans ce dossier, deux ont été reconnus coupables. Le premier a été condamné pénalement puis transféré au Centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa pour cinq ans. Le second a écopé d’une réprimande puis remis à ses parents pour absence de complicité de viol. Les deux doivent payer la somme de dix mille dollars américains pour dommages et intérêts. Les cinq autres prévenus ont tous été simplement acquittés.

Pendant ce temps, la fille violée présente des signes de lésions vaginales et de traumatisme qui requièrent le suivi d’un psychologue. Elle n’a hélas pu présenter ses examens de fin d’année. De quoi révulser les organisations de la société civile ainsi que les mouvements citoyens qui projettent déjà une marche de colère, ce 20 juin, à Kinshasa pour protester contre le verdict rendu par le tribunal. Entre-temps, les avocats de la victime comptent interjeter appel contre la décision du tribunal pour enfant condamnant deux des accusés et acquittant les cinq autres. Un verdict qui, dit-on, est sans commune mesure avec la gravité des faits. Dossier à suivre.

 

 

Alain Diasso

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