Voir ou revoir : « Innocente » de Franck Thierry Léa Malle

Vendredi 23 Octobre 2020 - 13:10

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Apre plaidoyer pour la justice et thriller haletant centré sur la quête de la vérité, « Innocente » sanctionne avec brio la consécration du réalisateur camerounais Franck Thierry Léa Malle dans la sphère cinématographique du continent.

Premier coup d’essai, coup de maître. Franck Thierry Léa Malle vient de faire ses preuves en signant son premier long-métrage, maîtrisé et prenant, qui a été positivement accueilli par le public et les professionnels du secteur. Film à multiples facettes, à la fois discret et bien échafaudé, « Innocente » se dérobe des grilles de lecture trop facile.

La fiction s’articule sur une enquête dont la résolution ne surviendra qu'à la fin du scénario, après plusieurs rebondissements et péripéties. Des ficelles bien mêlées qui accrochent le téléspectateur impatient de connaître le verdict final de l’affaire.  Innocente fait également un plaidoyer des discriminations basées sur le genre dans la société avec un accent particulier mis sur les violences faites aux femmes dans leurs foyers conjugaux.

On y trouve également un diagnostic, assez perspicace et courageux, de la société camerounaise, et particulièrement des petites villes, assez méconnues à l'échelle internationale, telle qu'Abou Mbang, au sein de laquelle l'intrigue se passe. La trame du film « Innocente » ne vise pas seulement à délibérer le procès d’une jeune fille démunie confronté à un homme politique influent briguant le poste de maire. Par extension, l’œuvre dénonce une société partisane du mal et silencieuse face à certains abus dont sont victimes ses fils et filles.

La fiction plébiscite, en outre, plusieurs figures de femmes fortes et mémorables, au premier rang desquelles l'adjudante Joséphine Mbuntcha, remarquablement interprétée par Virginie Ehana. Son personnage doit s'acquitter d'un métier exténuant et exigeant, tout en subvenant seule aux besoins de sa famille. En plus d'Ehana, on retiendra aussi Fidèle Ngo Bayigbedeg, qui avait déjà travaillé avec Léa Malle pour son court-métrage « Angles ».

L'avocate et la juge d'instruction sont aussi des personnages de femmes valeureuses, brillamment portées à l’écran dans ce premier long-métrage de Léa Malle. Du côté des hommes, Noël Ferdinand Tiognou se montre aussi très investi dans le rôle du politique incriminé. La qualité des interprètes, une mise en images soignée et le choix musical agrémente intelligemment ce scénario travaillé et passionnant. 

Merveille Jessica Atipo

Légendes et crédits photo : 

L’affiche du film « Innocent(e) » de Franck Thierry Léa Malle/DR

Notification: 

Non