Mines : un partenariat amorcé entre le Congo et la province de Shandong

Jeudi 5 Juin 2014 - 18:49

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La province de Shandong, située au sud-est de Pékin en Chine, a choisi la République du Congo pour développer des activités minières. Ces Chinois comptent aussi investir dans le pétrole, le bois et l’industrie

Le vice-gouverneur de la province chinoise, Sun Shaoncheng, a effectué une visite de travail du 4 au 5 juin au Congo, afin de poser les bases de ce début de partenariat. Il se trouve à Brazzaville sur invitation du ministre des Mines et de la Géologie, Pierre Oba.

Les deux personnalités ont exprimé leur volonté commune d’œuvrer pour la consolidation et le renforcement de l’accord de coopération stratégique qui existe entre le Congo et la Chine. Dans la perspective de le mettre en relief, un intérêt est porté dans le domaine de la recherche, de la formation et des échanges des chercheurs, et de l’exploitation des mines solides au Congo.

Présentant les potentialités de sa province, la 2e sur les 31 que compte la Chine, vu le nombre de la population, Sun Shaoncheng a passé en revue le potentiel minier dont regorge sa région. Celle-ci comporte le gisement le plus important avec un volume d’exportation de plus de 26 milliards de tonnes.

Fort de cette expertise centrée sur une technologie poussée, Shandong veut la partager avec les Congolais. Depuis 2009, une société de cette province est en prospection au Congo. Elle envisage de se lancer dans la potasse et est déterminée à exploiter en commençant par une production de 600.000 tonnes, pour ensuite passer à 3 millions très rapidement. « Nous encourageons les entreprises sérieuses à investir au Congo et parallèlement, nous invitons celles du Congo à faire de même dans n’importe quel secteur d’activités », a déclaré le vice-gouverneur.

La délégation congolaise a été mise à contribution afin d’apporter le maximum d’informations à ses invités chinois, sur l’activité minière qui se développe sur l’ensemble du territoire national. Aussi le secteur minier est déjà prisé par les Chinois qui possèdent des conventions avec l’État congolais. Les sociétés de Shandong s’ajouteront au nombre de celles qui existent déjà. Selon le ministre Pierre Oba, « le Congo a beaucoup d’espace ».

Cependant, dans les échanges, le ministre congolais a insisté sur l’aspect formation. Dans son argumentaire, il a épinglé le manque de qualification des Congolais dans ce secteur qui commence à sortir de l’ornière. « Il est urgent de procéder à la formation qualifiante car l’activité minière se développe et nous sommes en perte de vitesse. La formation est salutaire afin de mettre nos cadres à niveau dans ce domaine », a-t-il précisé. Ainsi, Pierre Oba a loué l’initiative des instituts de Shandong qui offrent des opportunités en matière de formation aux Congolais. Il a suggéré au Centre de recherche géologique et minière de profiter de l’occasion pour envisager des partenariats pour des spécialités dans le secteur des mines solides.

Sun Shaoncheng a appuyé le ministre sur ses propos au sujet de la formation. Toutefois le seul obstacle qui pourrait être balayé après des cours d’apprentissage : la langue. Même avec un interprète, le message n'est pas le même.

Notons que cette visite de travail s’inscrit dans la perspective du voyage qu’effectuera le président du Congo, Denis Sassou N’Guesso, en Chine, du 11 au 16 juin, dans le cadre de la célébration des cinquante ans d’amitié sino-congolaise. Les préparatifs de ce voyage présidentiel s'annoncent bien.

 

Nancy France Loutoumba

Légendes et crédits photo : 

La séance de travail entre les deux parties, (photo Adiac)