Arrivée imminente de la saison pluvieuse : les riverains des sites d’érosions à Brazzaville dans l'angoisse

Lundi 9 Septembre 2019 - 16:47

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La fin de la saison sèche dans la ville capitale est un moment d’anxiété pour la population, surtout dans de nombreux quartiers où la plupart des terrains dégradés ne sont pas toujours traités. Les pluies qui s'annoncent suscitent déjà l’inquiétude des habitants de parcelles voisines de endroits.

Les pluies à Brazzaville occasionnent le plus souvent de nombreux dégâts humains et matériels : mort d'homme, routes impraticables, circulation entravée sur certaines artères, effondrement ou ensablement d’habitations, dégradation des conditions d’hygiène, etc. 

Dans les zones sinistrées par les érosions, les opérations de secours sont parfois inexistantes. Les maisons sont englouties par les eaux ou par le sable, et plusieurs familles émigrent parfois vers d’autres quartiers.

A l’arrêt de bus Forage, derrière Télé-Congo, plusieurs maisons se sont écroulées suite à une érosion qui, jusque-là, n’est pas encore traitée. Au quartier Casis, sur la Nationale n°2, une entreprise chinoise a entamé les travaux de traitement. Elle plante des vétivers et confectionne des caniveaux pour le drainage des eaux pluviales, mais le chantier n'est pas encore achevé. Au quartier Emeraude, le traitement de l'érosion a été délaissé par une entreprise pour des raisons inconnues de la population.  

Quant à la grande érosion du quartier Ngamakosso, qui a coupé en deux la deuxième sortie nord de Brazzaville, les travaux amorcés depuis longtemps peinent à s'achever, alors que leur fin était prévue pour avant la saison des pluies. Placé sur les versants de collines, ce quartier souffre aussi de réels problèmes d'ensablement causés par le ruissellement des eaux de pluies.  

Les conséquences des pluies dans la ville capitale impactent aussi négativement le secteur des transports, d’octobre à décembre, dans quartiers précaires. Rues et avenues sont occupées soit par l’eau, soit par la boue, rendant la circulation des voitures difficile.

Le secteur du commerce informel est également touché. Les boutiques et petits commerces subissent aussi des dégâts à la suite des inondations. « Les clients ne peuvent plus circuler librement, ça joue beaucoup sur les recettes », a expliqué Sonia Ignanga, une boutiquière au quartier Petit-Chose.

Outre les boutiques et les petits commerces, les marchés publics fonctionnent au ralenti. Pire, ils deviennent sources de maladies hydriques car les produits sont vendus à ciel ouvert au mépris des règles élémentaires d’hygiène. 

Rappelons que depuis plusieurs décennies pourtant, l’Etat avait déclaré certaines zones de la capitale inhabitables mais la population les a occupées anarchiquement. Des constructions non autorisées ont poussé ça et là, sans tenir compte du plan d'urbanisation de la ville.

Fortuné Ibara et Espérance Mapingou (stagiaire)

Légendes et crédits photo : 

L'érosion de Ngamakosso/Adiac

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