CEEAC : de nombreux défis à relever dans le domaine culturel, selon Christian NDombi

Jeudi 6 Août 2020 - 15:20

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Le nouveau président du Conseil des ministres de la Culture de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), le Dr Christian NDombi, vient de publier une réflexion sur les priorités de la nouvelle équipe de cette organisation sous-régionale qui vient d’être mise en place.

Au moment où le Congo prend la présidence du Conseil des ministres de la Culture de la CEEAC, le Dr Christian NDombi, chef du secteur culturel, bureau régional de l’Unesco, a voulu partager des réflexions qui pourraient, d’après lui, « contribuer à l’élaboration d’une nouvelle stratégie régionale de développement, de promotion et de valorisation de la culture en Afrique centrale ».

En effet, le Congo a été désigné pour présider, pendant un an, le Conseil des ministres de la Culture de la CEEAC institué en mai 2015, au Tchad. Dans la conjoncture actuelle, Christian NDombi estime que pour le Congo, « c’est sans doute un grand défi qui est à sa portée », puisque le pays a déjà abrité, « avec succès », le premier Conseil des ministres de la Culture, en novembre 2018 à Brazzaville ».

Durant ce mandat, a-t-il dit, plusieurs dossiers seront à l’ordre du jour, notamment : l’impact de la Covid-19 sur la promotion de la culture et les acteurs culturels, mais aussi l’élaboration d’une nouvelle stratégie régionale de développement, de promotion et de valorisation de la culture et la sous-représentation de l’Afrique centrale sur les différentes listes du patrimoine mondial de l’humanité.

En outre, il a fait observer que « l’Afrique centrale est une région dont la richesse, et surtout la diversité culturelle ne fait aucun doute, mais celle-ci est peu connue, peu valorisée. Il faut en faire la promotion et la valorisation ».

A titre d’exemples, sur mille cent-vingt-un biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité, l’Afrique centrale, a-t-il déploré, ne compte que douze sites dont la plupart est sur la liste du patrimoine mondial en péril. Sur huit cent soixante-neuf biens culturels inscrits sur cette même liste, ce continent n’a qu’un seul site culturel, celui de la ville historique et archéologique de Mbanza Kongo en Angola, inscrit en 2017. Enfin, sur 549 éléments inscrits sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, l’Afrique centrale n’a que deux éléments : la musique polyphonique des pygmées (Aka de la RCA), et les tambours du Burundi.

De ce fait, les biens africains, a-t-il relevé, ne comptent que douze sites dont la plupart sont sur la liste du patrimoine mondial en péril.

« L’Afrique centrale peut pallier la situation »

Il est clair que l’Afrique centrale, malgré sa richesse culturelle et sa diversité est sous-représentée sur les listes du patrimoine mondial de l’humanité. Mais, le nouveau président du Conseil des ministres de la culture de la CEEAC pense que les Etats de la sous-région « sont capables de pallier cette situation ».

Pour preuve, Christian NDombi a cité trois pays (le Congo, le Cameroun et la RDC) qui ont présenté des dossiers de candidature au festival « le NGuon), de l’Ouest du Cameroun et « la Rumba » congolaise pour leur inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. « Un vrai défi dont le succès fera la fierté de l’Afrique centrale et d’abord de la CEEAC ».

Le patron du secteur culture pense que l’inscription d’un site ou d’un élément sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité est un « label » pour le développement de la culture et la promotion du tourisme. Dans ce sens, il pense qu’il faut encourager « l’établissement de la passerelle entre culture et tourisme, et développer l’économie de la culture à travers les industries culturelles, créatrices et génératrices d’emplois et de revenus ».

Rappelons que c’est en 2012 et 2013 que l’Unesco, en collaboration avec l’Organisation internationale de la francophonie, a accompagné la CEEAC et ses Etats membres dans le processus qui a conduit à l’adoption par le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la « stratégie sous-régionale de promotion et de développement de la culture » pour la période 2014-2020.

« Il s’agit d’un instrument normatif de référence pour toute la région, une espèce de boussole pour le développement, la promotion et la valorisation de la culture en Afrique centrale. Mais on peut déplorer, avec beaucoup d’amertume, le manque de vulgarisation de cette stratégie et surtout l’absence d’appropriation de ce document par les Etats eux-mêmes et par les acteurs culturels », a-t-il relevé.

La nouvelle stratégie régionale devra, selon lui, se traduire « par le travail des experts, mais surtout par, ce que les Etats de l’Afrique centrale veulent faire de la culture ».

Yvette Reine Nzaba

Légendes et crédits photo : 

Le Dr Christian NDombi

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