Chronique : l’Afrique doit adopter des solutions innovantes

Vendredi 21 Septembre 2018 - 19:25

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L’espèce humaine appelée « Homo sapiens » habite cette planète depuis environ trois cent mille ans. La majeure partie de cette histoire s’est vécue en parfait équilibre avec la nature. Après des millénaires de communisme primitif, l’humanité a par la suite modifié son économie pour passer à des modes de productions fondés sur l’exploitation des humains par d’autres humains (esclavagisme, féodalisme, …), ce qui a augmenté sa productivité mais aussi l’impact qu’elle avait sur l’environnement.

Avec l’arrivée du capitalisme, il y a environ quatre siècles, la productivité a fait un bond prodigieux. Cependant, cette hausse de productivité s’est non seulement faite au profit d’une minorité d’humains (50% de la richesse mondiale est concentrée entre les mains du 1% le plus riche alors qu’une vaste proportion des humains vit dans des conditions de pauvreté extrêmes) mais également au détriment de la planète elle-même. L’impact sur l’environnement a été plus grand au cours du siècle dernier que lors des trois cent mille ans qui l'ont précédé.

Le modèle de capitalisme actuel exige de chaque entreprise une hausse continuelle de la productivité. La planète, pour sa part, est incapable de suivre ce rythme. Le fragile équilibre qui permet à la vie de se maintenir sur la Terre est en train de se rompre. Changements climatiques, destruction de la couche d’ozone, acidification des océans, grave diminution de la biodiversité, désertification, pollution de l’eau, de l’air et du sol, tous ces problèmes sont reliés et sont causés par un système économique qui calcule les profits sans tenir compte des pertes environnementales.

La situation s’aggrave à une si grande vitesse que c’est maintenant la survie même des humains qui est en jeu.  Au rythme auquel se produit la dévastation de l’environnement et l’épuisement des ressources naturelles, rien ne garantit que les humains marcheront encore sur cette planète à moyen terme. Le tableau est donc très sombre et il concerne l’humanité entière, même les victimes collatérales de ce capitalisme sauvage.

Cependant, au milieu de ce sombre tableau, il existe encore de l’espoir. Il est toujours possible de croire en une société qui tiendrait compte des ressources que la planète peut réellement offrir plutôt que de l’augmentation continuelle des profits. L’imagination incroyable dont fait preuve la population pour trouver des solutions aux problèmes environnementaux est un signal encourageant.

Pour l’Afrique, la nécessité d’investir dans des solutions et des interventions novatrices et de promouvoir la consommation ainsi que la production durable doit devenir une priorité. Le continent africain détient 30 % des réserves minérales mondiales, environ 65 % de ses terres sont arables et 10 % de ses sources d’énergies renouvelables en interne. Le continent abrite aussi la deuxième plus grande forêt tropicale du monde. Des politiques environnementales ciblées peuvent donc apporter des solutions au développement socio-économique durable et à la réduction de la pauvreté dans toute l’Afrique.

Pour cela, l’accent doit être mis sur la promotion des solutions innovantes afin que la majorité des Africains puisse en bénéficier.

Rappelons que la dégradation des écosystèmes coûte à l’Afrique soixante-huit milliards de dollars par an et entraîne des pertes pouvant aller jusqu’à 6,6 millions de tonnes de récolte potentielle de céréales, capables de satisfaire les besoins en calorie de plus de trente et un millions de personnes.

Boris Kharl Ebaka

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