Chronique : promouvoir l’énergie solaire

Samedi 9 Juin 2018 - 15:28

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Tout le monde se plait à le marteler à longueur de réunions et de conférences ; le potentiel de l’Afrique en matière d’énergie renouvelable, notamment solaire, est immense. Les scientifiques le rappellent sans cesse, l’Afrique a un avantage de taille par rapport aux autres continents : son ensoleillement. En effet, l’irradiation moyenne des pays du continent est de douze heures par jour. A cela, il faut ajouter le fait que sept des dix pays les plus ensoleillés au monde sont situés en Afrique, à l’instar du Tchad, de l’Égypte ou du Kenya.

Pourtant six cents millions d’Africains sont privés tous les jours d’un geste simple : appuyer un interrupteur pour allumer la lumière. Nous vivons à une époque où l’accès à l’énergie devient une nécessité vitale. La fourniture d’électricité représente un énorme fardeau sur le dos des gouvernements africains. Dans certains endroits ruraux, seulement 10% de la population a accès à l’électricité, simplement parce que l’hydroélectricité qui est de loin la principale source d’énergie dans bon nombre de pays n’est pas fiable. L’indépendance énergétique qui est un défi majeur pour le continent africain passe donc par les énergies renouvelables.

L’Afrique, en développant l’énergie solaire, pourrait ainsi se libérer de l’emprise des puissances pétrolières pour prendre en charge entièrement ses besoins énergétiques. L’énergie solaire présente des avantages non négligeables : sûreté, propreté, décentralisation et respect de l’environnement. Pour cela, les pays africains doivent faire preuve de créativité. Actuellement, il y a, d’une part, les villes, très dépendantes de la consommation de produits pétroliers pour leurs besoins en énergie et électricité, et, d’autre part, le monde rural, représentant plus de 80 % des terres et des hommes qui manquent de moyens technologiques adaptés pour l’exploitation de la nature et le développement de l’agriculture.

Dans de nombreux villages et de multiples petites localités à la périphérie des villes, on ne combat l’obscurité qu’avec les bougies, les lampes à pétrole ou à gaz ou les lampes-torches. L’énergie solaire devrait aider à changer radicalement la vie de la population qui y vit, lui permettant de ne plus vivre seulement au rythme du lever et du coucher du soleil.

Le constat fait est que le courant électrique produit par les sociétés nationales d’électricité, dans la quasi-totalité des pays au sud du Sahara, est assez aléatoire. On ne peut souvent pas disposer d’une fourniture continue d’électricité durant une semaine sans coupure. Les délestages peuvent parfois durer plusieurs jours dans certains quartiers. Le décor est le même dans la plupart des capitales africaines, avec des coupures d’électricité fréquentes. La majorité des centrales électriques et réseaux de transport de l’électricité a trop vieilli, datant des périodes d’indépendance.

Afin d’exploiter pleinement le potentiel solaire africain, les pays ont besoin au moins de trente milliards de dollars par an. Avec de tels capitaux à mobiliser, seuls les investisseurs privés, en coopération avec les acteurs publics, peuvent porter des tels projets dans des pays où la croissance économique est en berne. Un environnement réglementaire favorable est également nécessaire afin d’accompagner la pénétration de cette nouvelle énergie sur la scène africaine. Car on sait que les pays du continent se caractérisent souvent par des cadres institutionnels qui peuvent handicaper certains projets innovants.

En fin de compte, tout le monde en arrive à la même conclusion : les pays africains peuvent doper leur économie et lutter contre le changement climatique en misant sur les énergies renouvelables. Le marché est gigantesque et prometteur. Le développement énergétique durable est aujourd’hui une nécessité car il engendre à la fois essor économique, sécurité et indépendance énergétiques. Les dirigeants africains devraient donc sérieusement se poser la question de savoir si l’énergie solaire ne représente pas l’avenir de tout un continent, surtout lorsque l’on sait que le développement durable de ces pays ne se fera pas sans généralisation de l’accès à l’électricité pour l’ensemble de la population.

 

 

Boris Kharl EBAKA

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