Chronique. Réchauffement climatique : la planète souffre

Samedi 28 Juillet 2018 - 11:42

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La lecture des bulletins météorologiques répertoriés autour de la terre ces dernières semaines est inquiétante.

On peut y lire pêle-mêle: « L’Algérie connaît une canicule inédite. Quarante-neuf degrés Celsius à Ain Salah, au soleil, 48 °C à l’ombre à Adrar. En une semaine, l’Office national de météorologie a émis plusieurs bulletins météorologiques aux chiffres élevés. Une semaine plus tôt, cette dernière localité avait enregistré un record de 54 °C à l’ombre et 65 °C au soleil, pour une température maximale de 46 °C en moyenne. Cinquante-trois morts pourraient être liées à l’épisode de canicule qui a sévi du 30 juin au 5 juillet dans la ville de Montréal, estime la direction de la santé publique. Vague de chaleur meurtrière au Japon. cinquante morts dans des incendies en Grèce, etc ». Et dire que ce n’est qu’un infime échantillon des catastrophes liées au réchauffement climatique que nous venons de citer et qui sont observées cette année autour de la planète.

Le réchauffement climatique, n’en déplaise aux plus sceptiques, est une réalité indéniable de notre époque. Il doit être étudié dans sa globalité afin de comprendre pourquoi autant d’événements climatiques extrêmes se multiplient ces derniers temps.

Mais une chose est sûre : ces événements ne vont pas s’arrêter de si tôt. Ils vont même devenir plus fréquents. Car selon un rapport du bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes et les projections du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les catastrophes naturelles ne vont faire qu’augmenter. Sans être certain du lien de cause à effet entre le réchauffement climatique et ces manifestations, on peut affirmer qu’avec l’accentuation de ce réchauffement, elles se multiplieront. Ce n’est donc pas le réchauffement lui-même, avec les gaz à effet de serre, qui produit ces catastrophes. Mais bien son augmentation qui accentue la fréquence de ces catastrophes qui existaient déjà auparavant.

Dans un rapport datant de dix ans, le GIEC indiquait dans les pires prédictions à l’horizon 2100, une hausse probable de la température moyenne de 2 à 4,5 degrés et une montée du niveau des océans de 19 à 58 centimètres. Mais ce rapport vient d’être contesté par un groupe d’experts scientifiques qui prédit que d’ici à 2100, la Terre pourrait se réchauffer de 15 % de plus que la pire des prédictions du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Ces dernières étaient donc trop optimistes. Pour espérer rester sous les 2 °C, indiquent ces scientifiques, il faudra réduire encore plus les émissions de gaz à effet de serre par rapport à ce qui était prévu.

Et si par malheur ces températures continuaient à augmenter, leurs effets seraient les suivants :

Au-delà de 2 à 3 degrés de plus qu’en 1990, le réchauffement climatique aura des impacts négatifs sur toutes les régions du globe.

Au-delà de 1,5 à 2,5 °C de plus, de 20 à 30 % des espèces animales et végétales risquent de disparaître.

Le nombre de victimes d’inondations pourrait augmenter de deux à sept millions de personnes chaque année.

En 2080, sécheresse, dégradation et salinisation des sols conduiront 3,2 milliards d’hommes à manquer d’eau et six cents millions à souffrir de faim. Les conséquences de ces inondations seront plus graves là où la pression démographique s’accentue et dans les grands deltas d’Afrique de l’ouest, d’Asie ou du Mississipi.

La convergence d’opinions et d’analyses des experts scientifiques sur la question du réchauffement climatique est malheureusement confrontée à la divergence des uns et des autres lorsqu’elle devient l’enjeu d’intérêts politiques des différents pays mis sur la sellette. Chacun contestant les phrases ou les paragraphes qui ne l'arrangent pas dans les différents rapports produits. Oubliant certainement qu’il ne suffit pas de contester ou d’effacer une phrase d’un rapport pour écarter le danger. Du fait du réchauffement climatique, la vague de chaleur que subit l’hémisphère nord est appelée à se banaliser selon les experts. Le Canada connaît cette année son été le plus chaud en cent quarante-sept ans, la Suède est en proie aux pires incendies de son histoire.

C’est dire que l’heure est grave. Si grave qu’un groupe de vingt et un jeunes Américains a décidé de poursuivre en justice le gouvernement de son pays en raison du réchauffement climatique. Dans l’affaire Juliana vs Etats-Unis, les plaignants ont affirmé que le gouvernement américain avait violé le droit de vie, de liberté et de propreté des jeunes générations en adoptant des politiques promouvant l’utilisation d’énergies fossiles, malgré les études mettant en cause le rôle des émissions de CO2 dans le processus de réchauffement climatique. La plainte datant de 2015 a été acceptée par un tribunal fédéral et sera jugée le 29 octobre prochain aux Etats-Unis. Des plaintes pour cause de réchauffement climatique sont enregistrées dans plusieurs pays à l’instar de la Colombie, la Belgique ou les Pays-Bas, provenant de la jeunesse qui veut mettre les gouvernements face à leur responsabilité.

Face à la gravité de la situation, le temps n’est plus à trouver des coupables mais plutôt des solutions. A l’heure actuelle, il n’en existe qu’une seule dont tous les experts s’accordent à dire qu’elle est la plus appropriée et la plus efficace : réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, il faut que les politiques parlent pour une fois le même langage.

 

Boris Kharl Ebaka

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