Crimes contre l’humanité : BNP Paribas visée par une nouvelle enquête

Vendredi 25 Septembre 2020 - 15:37

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Une information judiciaire a été ouverte, le 26 août au tribunal de Paris, à l’encontre de BNP Paribas, l'une des premières banques d'Europe, pour « complicité de crimes contre l'humanité, génocide et actes de torture et de barbarie » au Soudan. L'établissement est déjà visé par une enquête liée au génocide rwandais.

Cette enquête fait suite à une plainte avec constitution de partie civile déposée, il y a un peu plus d’un an, par la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme, et la Ligue des droits de l'Homme, ainsi que neuf militants soudanais ayant fui leur pays. Cette plainte entraîne quasi-automatiquement la désignation d'un juge d'instruction pour mener les investigations.

La banque française est accusée par les plaignants de ne pas avoir respecté les embargos onusien, américain et européen sur le Soudan au début des années 2000. Pour les plaignants, les agissements de BNP Paribas au Soudan pendant la période 2002-2008 ont permis au régime de se financer et de survivre économiquement. À l'époque, le président Omar el-Béchir est engagé dans une guerre civile au Darfour, qui va déboucher sur un génocide et une série de crimes contre l'humanité condamnés par l'ONU et les grandes puissances.

Le pays, sous sanction, ne peut plus, en théorie, accéder aux marchés financiers internationaux. Mais pour les plaignants, la BNP a facilité l'octroi de crédits au Soudan, lui permettant aussi de vendre son pétrole et d'accéder aux marchés des capitaux. « C'est une excellente nouvelle pour les victimes, et un pas supplémentaire vers une enquête pénale sur la responsabilité de la BNP qui a servi de banque centrale de facto aux autorités soudanaises, au plus fort du génocide au Darfour, alors sous embargo », a affirmé la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) sur Twitter, le 24 septembre.

Par son action, estime la FIDH, la BNP s'est rendue complice de génocide, d'actes de torture, de crimes contre l'humanité et de blanchiment d'argent. La justice française, qui a accepté l'ouverture d'une enquête, doit désormais déterminer notamment si la responsabilité pénale des dirigeants de la banque est engagée.

Cette plainte est la suite d'une condamnation aux États-Unis prononcée en 2014 contre BNP Paribas, reconnue coupable par la justice américaine d'avoir violé les embargos contre le Soudan, Cuba et l'Iran. La BNP avait alors accepté de payer une amende record de 8,9 milliards de dollars. La banque dit ne pas être au courant de la procédure et se refuse à tout commentaire.

Josiane Mambou Loukoula

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