Développement local : l’initiative « Le Congo que nous voulons » met le cap sur le Niari

Lundi 6 Août 2018 - 16:45

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Le cercle de réflexion parrainé par Denis Christel Sassou N’Guesso a recueilli, le 4 août à Dolisie, plusieurs propositions des communautés au terme des exposés portant sur l’exploitation des forêts, la mise en valeur des gisements miniers et l’essor du tourisme dans le département du Niari.

Le coordonnateur de l’initiative « Le Congo que nous voulons », Exaucée Berson Ibam Ngambili, s’est réjoui de la très forte mobilisation des communautés venues de toutes les sous-préfectures du Niari. « Le développement de ce pays n’est pas seulement l’apanage de l’Etat mais des Congolais qui aspirent au bien-être », a-t-il rappelé.

Pour un développement intégral, il a aussi souligné l’importance du mécénat dans un Etat et s’est félicité des œuvres réalisées par le président de la Fondation perspectives d’avenir. Exaucée Berson Ibam Ngambili a précisé que la démarche qu'ils ont entreprise consiste à appuyer « La marche vers le développement », le programme du gouvernement.

La conférence participative qui s'est tenue à Dolisie, la quatrième du genre depuis le lancement de cette initiative dans le pays, a duré plus de quatre heures. Elle a permis aux participants d'échanger avec les conférenciers sur les diverses thématiques développées et de formuler de pertinentes propositions.

Christian Ernest Makosso a exposé sur l’exploitation forestière dans le Niari, un département de trois millions et demi d’hectares de forês sur les vingt deux millions d’hectares que compte le Congo. 

Il a indiqué que l’exploitation forestière crée douze mille emplois directs dans le pays et quinze mille indirects. Aussi a-t-il souhaité que l’Etat renoue avec la Société congolaise de bois, proposant par la même occasion la création d’une zone économique spéciale consacrée à la gestion du bois. Il a salué le projet de création d’un port sec sur une aire de deux cents hectares et plaidé pour l’application effective du code forestier ainsi que des cahiers de charges par les sociétés exploitant le bois dans le Niari. Selon lui, le taux de transformation du bois dans ce département est encore faible, estimé entre 20 et 25% depuis 1974.

En réaction à ces informations, les participants ont insisté sur la valorisation de la chaîne de valeur du bois, le respect du code forestier par les exploitants ainsi que sur le suivi et la revivification des quatre unités forestières d’aménagement.

Par la suite, l’ancien député Daniel Mboye a exposé sur les gisements miniers du Niari. Le conférencier a rappelé l’existence dans ce département de plusieurs gisements de cobalt, fer, or, coltan, uranium et autres. Pour faciliter l’exploitation de ces minerais, il s’est apesanti sur la création des industries extractives, la formation des jeunes cadres, l’application effective du code minier et la nécessité d’aménager la voie ferrée, notamment l’intersection de l’axe Mont-Mbelot et Mbinda.

Les intervenants natifs de ce département ont, pour leur part, sollicité l’organisation de l’activité des exploitants artisanaux, l’utilisation de la main d’œuvre locale, une exploitation urgente de tous les gisements pour éviter d’éventuelles éruptions y compris celles des autres réservoirs miniers moins considérés comme le granite.

Pour sa part, Donald Fylla, expert consultant au Complexe touristique du Congo (CTC), a développé le thème sur « Le tourisme au Niari ». D’emblée, l’orateur s’est fondé sur l’urgence de la mise en valeur des sites comme Arbre de De Brazza, grotte aux vampires, pistes des caravanes, lac bleu, mont Baba, Ngotsungou, les trois réserves fauniques et les deux réserves de chasse dont regorge le département du Niari. 

« Que les visiteurs dépensent de l’argent en arrivant dans le Niari, cela est conditionné par la valorisation de nos sites. Il faut que notre pays soit compté parmi les cent trente-quatre pays du monde qui sont des destinations touristiques », a souhaité Donald Fylla. Il a même suggéré la création des comités locaux pour mieux valoriser le secteur touristique dans le département du Niari.

Les habitants du département ont proposé au paneliste que soient inventoriés les sites de propriété, les valoriser et les inscrire au patrimoine mondial. Ils ont souhaité l’organisation à Dolisie, en raison de sa position géographique, des festivals qui rassemblent les touristes originaires de la RDC, du Gabon et d’Angola.  

Outre ces thématiques, l’occasion a été offerte au parrain de l’initiative « Le Congo que nous voulons », Denis Christel Sassou N’Guesso, président de la Fondation perspectives d’avenir, de présenter son ouvrage intitulé "Ce que je crois".

Dans cet opus, il évoque l’importance de la place de la femme pour l’édification d’une nation qui veut se développer. « Je suis partisan d’une réelle parité, c'est-à-dire 50/50 », a-t-il affirmé.

Entre les lignes de son ouvrage, il a argumenté pour la lutte contre les antivaleurs et le développement de l’agriculture. « Sur cent pour cent de terres cultivables, il n’y a que trois pour cent de terre utilisées », a souligné Denis Christel Sassou N’Guesso avant de solliciter l’organisation d’un audit des terres cultivables au Congo. 

Signalons que l’initiative « Le Congo que nous voulons » est un cercle de réflexion qui participe à l’édification nationale. Les conférences participatives sont déjà organisées par ce cercle dans quatre départements parmi les douze que compte le pays.

Fortuné Ibara

Légendes et crédits photo : 

Une vue des membres de la coordination de l'initiative "Le Congo que nous voulons", dans la salle de la préfecture à Dolisie/ Adiac

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