Environnement : lutter contre le trafic de bois tropicaux

Vendredi 30 Août 2019 - 13:45

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Les forêts couvrent un total de 4 milliards d’hectares dans le monde, soit 31% de la superficie totale des terres émergées. Bien que ce chiffre puisse paraître élevé, les forêts du monde disparaissent rapidement. Entre 1990 et 2000, la perte nette s’est élevée à 8,3 millions d’hectares par an, et la décennie suivante, jusqu’en 2010, la perte nette était estimée à 6,2 millions d’hectares par an.

Bien que le taux de perte ait ralenti, il reste très élevé, la majorité se produisant dans les régions tropicales. Le programme des Nations unies pour l’environnement collabore avec des partenaires-clés, notamment la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l'agriculture, afin d’évaluer les menaces environnementales mondiales et régionales causées par les activités illicites comme le commerce de la faune et du bois.

Protection des espèces d’arbres menacées

Dans le cadre de sa campagne pour la protection de la nature, le programme tente de prévenir et réduire la demande de produits issus de la faune sauvage commercialisés illégalement et en danger, y compris des espèces végétales et forestières. Le palissandre à l’usage polyvalent est célèbre pour son bois couleur rubis, odorant et robuste. Il est utilisé dans la fabrication de meubles, de cannes de promenade, de bateaux, d’instruments de musique, d’outils agricoles et d’objets religieux.

Cette espèce d’arbre, dont le nom est générique pour plusieurs espèces de bois durs de couleur rouge foncé que l’on trouve dans les régions tropicales du monde entier, atteint des prix très élevés, car elle est résistante, lourde, d’une belle teinte rouge et se prête au polissage.

Ironiquement, ces propriétés qui rendent ce bois si populaire semblent être son talon d’Achille. L’arbre, qui pousse entre 1 et 1,20 m par an et pouvant atteindre une hauteur maximale d’environ 30 m est sur le point de disparaître dans certaines parties du monde. C’est également un des produits de la vie sauvage le plus trafiqué au monde, avec une valeur commerciale supérieure à celle de l’ivoire d’éléphant, la corne de rhinocéros et les parties du corps de tigre. En 2013, les délégués de cent soixante-dix pays, conscients de cette menace pour la biodiversité, ont décidé d’inclure plus de quarante espèces de bois de rose de divers pays à l’annexe II de la convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction,  ce qui signifie que le commerce international de leurs bois serait soumis à une réglementation plus stricte.

Cependant, bien que de nombreux pays aient des lois protégeant le genre biologique connu sous le nom de « Dalbergia », la contrebande était responsable d’un tel niveau de déforestation que la convention a décidé, en décembre 2016, de protéger toutes les espèces de l’arbre. Du Guatemala à Madagascar, en passant par la Thaïlande et la Zambie, le bois de rose a été la cible des trafiquants de bois qui cherchent à tirer profit de la demande croissante provenant de Chine.

En Zambie, on estime que la récolte, le commerce et les exportations annuelles de bois de rose local, connu localement sous le nom de « mukula », pourraient atteindre environ 110.000 m3. Cependant, le pays perd environ 3,2 millions de dollars de revenus provenant de ce commerce. Cela s’explique par le fait que le bois est exporté sous forme de grumes plutôt que de sciages, en dépit des interdictions d’exportation imposées par le gouvernement, de production et de transport, qui ont parfois créé un cadre juridique déroutant et contradictoire dont les lacunes ont été exploitées par les trafiquants.

D’autres pays renforcent également les initiatives régionales. En juillet 2019, le Ghana a organisé à Accra une réunion régionale sur la menace pesant sur le bois de rose. Selon la dernière évaluation du secrétariat de la convention, en 2017, les exportations de la Gambie, du Ghana et du Nigéria représentaient 85% du commerce mondial déclaré de bois de rose.

Boris Kharl EBAKA

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