Journée mondiale de la liberté de la presse : des journalistes échangent sur les bases du secourisme

Mardi 7 Mai 2024 - 16:40

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Sur invitation du Réseau des journalistes pour la culture et le développement durable (RJCDD), le journaliste d’urgence sanitaire, Adonis Bope, a entretenu une vingtaine de professionnels des médias, le 4 mai, à la Plateforme contemporaine sur les notions basiques de secourisme, et les a exhortés à privilégier les premiers secours à la diffusion hâtive d’images plus assimilables à du voyeurisme qu’à du réel professionnalisme.

 1 : Adonis Bope entretenant les journalistes sur le secourisme/ DRLa transmission de l’information en temps réel facilitée par les réseaux sociaux a, dans plusieurs cas, inversé les priorités reléguant au second plan l’urgence de secourir. Une tare qui touche la société entière sans faire acception de personne, surtout pas le journaliste en quête de scoop ou du blogueur de buzz oubliant jusqu’à l’essentiel, la valeur de la vie humaine. Aussi l’entretien des journalistes culturels avec Adonis Bope était-il une interpellation à privilégier les premiers secours à la diffusion hâtive de l’information assimilée parfois à du simple voyeurisme qu’à du réel professionnalisme.

« Offrir un espace de ventilation naturelle à l’accidenté (e) quitte à disperser curieux et passants », doit être le premier réflexe face à une personne inconsciente. « Desserrer tout ce qui peut l’être, pas seulement la ceinture, déboutonner chemise ou blouse, et même dégrafer un soutien-gorge », devrait être le second geste à poser dans ce contexte. Ce sont-là les deux premiers actes préconisés par Adonis Bope à intégrer au quotidien. Spécialiste en matière de santé publique et de société, il a, par ailleurs, fait part à l’assistance des pratiques à proscrire. Dans le lot, il a évoqué la conduite à moto d’un accidenté sous prétexte d’agir d’urgence qui tend à se généraliser. Ce, ignorant le préjudice plus grave causé à l’accidenté à qui l’on pense porter secours de la sorte.

Apporter l’aide qu’il faut

 « Face à un accident, le journaliste est tenu à user de son esprit critique. Il doit tamiser les informations recueillis sur le lieu afin d’en tirer une information objective à diffuser à la population afin d’obtenir d’elle un changement de comportement qualitatif », a soutenu Adonis Bope. Fustigeant ici l’usage à outrance des réseaux sociaux, il a poursuivi : « Il n’est pas mauvais de filmer mais il faut se demander : “que faut-il filmer et pourquoi ?“ Il faut filmer de façon à ne pas nuire, détruire ou amplifier le mal mais plutôt pour que l’image prenne en charge la parole constructive et les autres outils utilisés pour convaincre le téléspectateur de la pertinence et la véracité de l’information fournie ».  Et d’ajouter : « Seul le journaliste valide l’information, les faits. Les réseaux sociaux sont un fourre-tout mais peuvent dans bien des cas servir de source d’information à toujours prendre avec des pincettes ».  D’avis qu’ils passent souvent pour être plutôt « une source de désinformation mais aussi d’informations mensongères », il renchérit : « En tant que journalistes, nous avons le devoir de traquer les fausses informations et faire en sorte que la bonne information soit vulgarisée ». Ainsi, elle doit s’imposer sur « toutes les fausses informations, souvent déroutantes qui détruisent le monde censé avancer avec des idées positives essentiellement », a-t-il dit. Il s’est néanmoins réjoui que « la loi sur le numérique puisse à présent guider le journaliste aujourd’hui où tout le monde peut filmer et n’importe qui ose s’improviser journaliste ». Et de conclure : «  Le journaliste ne travaille pas pour plaire à l’opinion, à tout le monde. Il produit des faits qui transforment le monde autour de lui ». 2 : Photo de famille des participants à la matinée d’échange / DR

Adonis Bope s’est désolé de l’intérêt minime que porte la presse locale sur « la question du secourisme qui ailleurs est très considéré, mais qu’elle aborde peu ou pas ou sinon qu’elle sous-traite ». L’objet du jour était donc « le secourisme et la manière dont le journaliste culturel peut mettre de la lumière sur ce sujet très important ». Et,  poursuit-il, « Autour de laquelle abondent des réflexions pour que l’homme apprenne comment prévenir, secourir mais aussi apporter l’aide qu’il faut à son semblable ».

Abondant dans le même sens, le coordonnateur du RJCDD a initié cette rencontre à la suite d’un malencontreux événement. « Le 31 décembre dernier, nous avons perdu un ami, du site de divertissement Mbote.cd, Jos Berry Mata. Les vidéos circulant sur sa mort montraient qu’au moment de sa chute occasionnée par une crise cardiaque que personne sur le lieu, même pas celui qui lui est venu en aide, ne maîtrisait les gestes de premier secours. Il a fait ce qui lui semblait bon, a tenté d’appuyer sur son ventre en lieu et place du geste salvateur qu’est le massage cardiaque ou la compression thoracique. Cela m’a beaucoup interpellé », nous a-t-il confié. Et de poursuivre : « Avec le journalisme pratiqué à l’ère du NTIC aujourd’hui, plusieurs sont plus tentés de filmer au lieu de secourir, venir en aide à un accidenté. C’est pareil dans le reste de la communauté. Les gens sont plus prompts à filmer qu’à poser les gestes qui sauvent ». En sa qualité de coordonnateur du RJCDD, il a trouvé opportun et urgent d’informer les membres sur « les gestes qui sauvent à l’ère digitale ». Ainsi, l’échange du jour sur la matière était dans le but « d’apprendre les gestes utiles à poser et ceux à éviter en cas d’accident de circulation ou de chute à la suite d'une perte de conscience ». Dans la visée ultime de « faire réaliser à chacun que nous devons tous faire en sorte de porter secours, si possible maintenir en vie une personne les cinq ou dix premières minutes précédent une prise en charge médicale par des spécialistes », a-t-il souligné.

 

 

 

Nioni Masela

Légendes et crédits photo : 

1 : Adonis Bope entretenant les journalistes sur le secourisme/ Adiac 2 : Photo de famille des participants à la matinée d’échange / DR

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