Journée mondiale des migrants: la célébration placée sous le signe de la dignité

Mercredi 19 Décembre 2018 - 11:21

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

La communauté internationale a commémoré l'événement, le 18 décembre, dans l’esprit de contrer toute attitude ou comportement indigne manifesté par les pays d’accueil à l’endroit des migrants.  

La Journée internationale des migrants est intervenue, cette année, huit jours après la signature par les cent soixante Etats membres des Nations unie de l’accord sur les migrations. Elle a été placée sur le thème « Des migrations dignes »  

« La dignité est au cœur de notre mission. Traiter tous les migrants avec dignité est ce qui doit guider notre action avant toute autre chose, notamment quand nous intervenons sur la scène migratoire.  Car, notre avenir en dépend », a déclaré le directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), António Vitorino, en reconnaissant que la question des migrations est un problème complexe qui doit concerner tout le monde.   

« Je suis arrivé depuis peu à l’Organisation internationale pour les migrations que j’ai été appelé à diriger récemment. Il s’agit de l’une des organisations les plus anciennes et les plus efficaces de la communauté internationale. Pour sa part, la migration est aussi vieille que l’humanité. Ce qui signifie que l’OIM, qui n’a que 67 ans, est relativement jeune », a-t-il ajouté.  

Soulignant l’importance de la personne et appelant les Etats à avoir la considération envers les hommes sans distinction de race et d’origine, António Vitorino a précisé que l’être humain est aujourd’hui une espèce qui migre. Car, des centaines de millions de personnes sont des migrants au sens large du terme. Et, a-t-il dit, il reste encore beaucoup à faire pour les satisfaire et à apprendre d’eux. Mais, la dignité doit être une priorité absolue, a-t-il poursuivi, d’autant plus que le concept de migration est une force pour la dignité parce qu’il permet à chacun de choisir la manière de sauver sa vie, de se protéger, de s’instruire ou de se libérer. Elle permet aussi à des millions de personnes de choisir la participation plutôt que l’isolement, l’inaction, l’espoir plutôt que la peur, la prospérité plutôt que la pauvreté. 

« Nous aussi, nous avons le choix. Notamment celui de répondre aux espoirs des migrants, en les acceptant, de répondre à leurs ambitions, en leur offrant des perspectives. Le choix de les accueillir plutôt que de les rejeter », a encore spécifié le responsable de l’OIM, en insistant sur le fait que les Etats devraient respecter et écouter ceux qui, aujourd’hui, ont peur des changements que la migration entraîne dans leur vie. Parce que fondées ou non, ces peurs sont réelles et méritent d’être prises en compte avec dignité.  

Par ailleurs, étayant les effets négatifs que peut engendrer la migration si elle n’est pas prise en charge, António Vitorino a reconnu que si les Etas ne donnent pas à tous les citoyens l’assurance que leurs choix sont respectés, le monde risque de laisser échapper une véritable occasion de progrès. Car, la migration est l’expression de choix qui sont faits ensemble. Cela justifie le bien fondé de l’adoption, le 10 décembre courant, du pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières par les États membres des Nations unies, réunis à Marrakech, au Maroc. La signature de ce document est un pas en avant sur la voie de la dignité pour tous, a estimé António Vitorino.  

Selon l’OIM, en effet, le pacte mondial pour des migrations réalise un équilibre délicat entre la souveraineté des nations, la sécurité et la dignité exigées pour tout être humain. Ainsi, à l’occasion de cette Journée internationale des migrants, il est bon de se rappeler cet équilibre et de ne pas oublier que ces deux éléments qui sont loin d’être en concurrence se complètent. Ce pacte souligne la nécessité pour tous les États d’assurer des migrations bien gérées et qu’aucun État ne peut y parvenir seul. Car, pour affronter le phénomène migratoire, une coopération s’impose à tous les niveaux. 

 Des migrants sans cesse en augmentation

D’après le rapport de l’OIM, dix-huit ans plus tard, le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants qui migrent n’a cessé d’augmenter. L'on estime aujourd’hui à environ deux cent cinquante-huit millions de migrants internationaux, auxquels s’ajoutent quarante millions de personnes actuellement déplacées à l’intérieur de leur propre pays en raison d’un conflit sans oublier celles qui sont contraintes de quitter leur foyer en raison d’une catastrophe liée au climat ou à un autre aléa naturel. 

« Le simple fait de migrer expose de nombreuses personnes à de grands dangers », indique le rapport de l’OIM avant de préciser qu’à l’échelle mondiale, près de trois mille quatre cents migrants et réfugiés ont perdu la vie en 2018. Et, la plupart ont trouvé la mort en tentant de gagner l’Europe par la mer alors que d’autres ont péri en cherchant à traverser le désert ou les forêts denses, notamment en quête de sécurité.

« La migration est un moteur de progrès et de développement non seulement pour les migrants mais aussi pour les pays de transit et, surtout pour les communautés d’accueil dans les pays de destination. Ainsi, nous réitérons notre appel à agir pour sauver des vies en garantissant des migrations sûres, régulières et dignes pour tous », conclut l’OIM. 

Notons que c’est en 2000 que l’Assemblée générale des Nations unies a décidé que la date du 18 décembre soit considérée comme la Journée internationale des migrants.    

 

Rock Ngassakys

Notification: 

Non