Manifeste de Brazzaville : la France invite à partager l’histoire

Jeudi 29 Octobre 2020 - 18:15

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Dans son discours rendu par son premier conseiller, Louis Berthelot,  le 28 octobre, à la clôture du colloque sur les  80 ans de  la proclamation de Brazzaville comme « capitale de la France libre » , l’ambassadeur de France au Congo, François Barateau,  a invité la France, l’Afrique et l’Europe à « s’appuyer sur la Mémoire partagée pour co-construire leur Avenir en commun ».

« Des positions radicales sont exprimées par certains, qui traduisent une vraie souffrance, encore vive des horreurs du passé et malheureusement alimentée par l’injustice persistante du temps présent, qu’il faut assurément traiter. Je respecte ces positions de colère, mais ne les partage pas, car en décontextualisant ainsi les faits, on prend le risque, me semble-t-il, de les déformer et, finalement, de ne pas les comprendre », a déclaré l’ambassadeur de France. 

Au-delà des discours prononcés pour rappeler ce que la France et l’Europe doivent à l’Afrique, l’ambassadeur de France a choisi plutôt de s’appuyer sur des propos tenus par le président français, Emmanuel Macron, le 14 juin dernier, dont voici la teneur : « La République française n’effacera aucune trace, ni aucun nom de son Histoire. Elle n’oubliera aucune de ses œuvres, elle ne déboulonnera pas de statue. Nous devons plutôt, lucidement, regarder ensemble, toute notre Histoire, toutes nos mémoires, notre rapport à l’Afrique en particulier, pour bâtir un présent et un avenir possible, d’une rive à l’autre de la Méditerranée, avec une volonté de vérité, et en aucun cas de revisiter ou de nier ce que nous sommes. »

En effet, le diplomate français pense qu’il ne s’agit pas de déboulonner les statues en place, mais plutôt d’expliquer, « surtout aux jeunes, pourquoi elles sont là et d’en ériger de nouvelles, en l’honneur de toutes celles et de tous ceux qui, du fait de la pesanteur des consciences, sont encore injustement oubliés ou méprisés ». 

« L’Histoire d’un pays et d’un peuple est en effet un tout, « avec ses gloires et ses vicissitudes », ainsi que l’a encore rappelé le président Macron, le 21 octobre à la Sorbonne, en rendant l’hommage national au professeur Samuel PATY, « assassiné parce qu’il avait décidé d’apprendre à ses élèves à devenir citoyens, d’en faire des Républicains », a rappelé le diplomate.

 

Appréhender l’histoire sous diverses formes

« Il est réducteur et trompeur, voire dangereux, de ne vouloir garder qu’une part de notre Histoire, celle qui nous valorise et d’en rejeter le reste, qui est moins à notre avantage », a précisé François Barateau.

Pour l’ambassadeur de France, l’histoire doit être appréhendée dans sa globalité, « pour comprendre d’où l’on vient, non pour juger ou s’isoler de l’évolution du monde avec responsabilité, pour ne pas oublier les erreurs du passé et éviter de les reproduire avec sérénité, pour apprendre et grandir, non pour diviser et détruire ».  Enfin, il faut appréhender l’Histoire, « avec lucidité et fierté, car elle est ce que nous sommes aujourd’hui et guide ce que nous voulons devenir ».   

Et d’ajouté : « l’appropriation confiante de notre Histoire est le socle indispensable pour mener ensemble la lutte contre le poison de la dénégation et de l’obscurantisme, et pour alimenter chaque jour, ce que le général de Gaulle nommait « le miracle de l’espérance ». En outre, il a formulé le vœu, que « l’Afrique et la France, mais aussi toute l’Europe et l’Afrique, qui sont des voisins immédiats, puissent s’appuyer sur cette « Mémoire partagée » pour co-construire leur « Avenir en commun ».  

Il a remercié, dans son propos, le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, « dont l’impulsion personnelle qu’il a bien voulu donner à ce projet a, je le sais, été décisive ».

Yvette Reine Nzaba

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