Mémoire : Pouabou, Matsocota, Massouémé, 50 ans déjà !

Mardi 17 Février 2015 - 17:00

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Pour marquer le cinquantenaire du supplice de Joseph Pouabou, Lazare Matsocota et Anselme Massouémé, trois hauts fonctionnaires congolais assassinés la nuit du 14 au 15 février1965, les associations Solidarité plurielle, Cercle de réflexion propositions et initiatives, ainsi que le Centre d’études des civilisations Loango ont organisé, le 17 février, une cérémonie devant le buste de Joseph Pouabou.

Ce buste est érigé au rond point baptisé «Place Joseph Pouabou», situé en face du palais de justice de Pointe-Noire. Plusieurs gerbes de fleurs y ont été déposées en signe d’hommage à «ces Martyrs de l’innocence». C’est précisément dans la nuit du 14 au 15 février 1965 que Joseph Pouabou, premier président de la Cour suprême du Congo, Lazare Matsocota, procureur général de la République et Anselme Massouémé, directeur de l’Agence congolaise d’information ( ACI) avaient été enlévés puis assassinés sur le prétexte d'une conspiration visant à renverser le régime de l'époque. Un procès sur ce triple assassinat a eu lieu en 1969.   

La cérémonie de commémoration des 50 ans de la mort des trois hauts fonctionnaires a été organisée pour rappeler à la mémoire des Congolais cet épisode sombre qui a marqué l’histoire du pays. Un fait qui échappe à la jeune génération. "Dans une période de violence dont le Congo avait été victime, ces hommes sont morts et leur mémoire n’avait jamais été honorée. L’idée de nos trois associations est de faire que ces trois personnes soient reconnues comme étant des martyrs de l’innocence », a confié François Onday-Akiera, président de l’association Solidarité plurielle.

De ce fait, les trois associations souhaiteraient que des bâtiments officiels, des rues, écoles ou avenues portent les noms de ces trois personnalités assassinées. « Nous sommes venus rendre hommage à ces hommes pour aider la classe politique congolaise à évacuer le stress, si seulement il y en avait encore, et afin que la mémoire des disparus survive à jamais dans nos esprits », a conclu François Onday-Akiera.

Il sied de noter que Joseph Pouabou est le seul des trois cadres assassinés à avoir un monument érigé en sa mémoire grace à des activistes de la société civile. Le souhait des trois associations est que cela soit aussi fait pour les deux autres à savoir : Lazare Matsocota et Anselme Massouémé. 

La cérémonie de commémoration s’est déroulée en présence de Léonard Boumbat Hybouangad, directeur départemental des Arts et lettres à Pointe-noire, de Samuel Mabandza, directeur départemental du Patrimoine et des archives du Kouilou et de Fréderic Pambou, président honoraire du Centre d’études des civilisations Loango.

Les trois ONG ententednt poursuivre ce travail "de débroussaillage" de la mémoire des trois disparus par l'organisation, au mois de mai prochain à Pointe-Noire, d'un colloque sur le thème « Pouabou, Matsocota, Massouémé: cahier d'un retour annoncé».

 

 

Lucie Prisca Condhet N’Zinga

Légendes et crédits photo : 

-La photo de famille lors de la cérémonie de commémoration/ Crédit Adiac