Pêche maritime illégale: un crime halieutique très marquant

Mercredi 6 Juin 2018 - 14:41

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Près de cent soixante-dix millions de tonnes de produits aquatiques sont récoltés chaque année depuis 2015, pour un chiffre d'affaires annuel de deux cent dix-huit milliards de dollars. 

Tous les spécialistes de la pêche maritime assurent que les produits aquatiques offriront dans l’avenir, auprès d’une population mondiale toujours croissante, l’une des sources majeures de la sécurité alimentaire et de la nutrition. D’après les données des Nations unies et de la FAO, 70% de la biomasse marine est surexploitée, au point de ne plus pouvoir se régénérer à temps. 30% de la population de poissons ne sont plus qu’à 10% de leur capacité de reproduction. 

Sur les neuf mille à dix mille tonnes de poissons péchés par heure, pratiquement la moitié est gaspillée. Or, près de dix milliards d’habitants devront être nourris en 2050. Le code de conduite pour une pêche responsable adopté en 1995 lors de la conférence de la FAO n’est pas respecté. 
Malgré le plan d’action de 2001 contre la pêche illicite non déclarée et non réglementée entré en vigueur en juin 2016, les mers continuent d’être spoliées dans des proportions qui défient toute logique de sauvegarde de l’humanité. Quelque vingt-six millions de tonnes de poisson sont ainsi pêchées illégalement chaque année, soit plus de 15% de la production totale de la pêche de capture dans le monde. 

Outre les dégâts sur le plan économique, ces pratiques mènent la biodiversité et la sécurité alimentaire à leur perte. Des milliers de chalutiers portant pavillons de complaisance ou sans pavillon parcourent en permanence les océans. Beaucoup proviennent de la flotte démantelée de l’ex-URSS, mais aussi d’Asie et parfois d’Europe. 
Souvent dissimulé dans des stocks de pêche autorisée et vendu mélangé aux produits de la mer distribués légalement, le poisson issu de la pêche INDNR est difficile à tracer, devenant par nature une cible de choix pour les organisations mafieuses. Les profits de la pêche INDNR leur rapporteraient entre dix et vingt milliards de dollars par an. 
Parmi les délits identifiés, le crime halieutique (piscicole) est sans nul doute l’une des criminalités environnementales les plus marquantes de ces dernières années. 

 

Noël Ndong

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