Présidentielle en RDC : la Sadc et la Cirgl élèvent la voix

Lundi 14 Janvier 2019 - 19:44

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A la suite de la publication des résultats provisoires des élections en République démocratique du Congo (RDC), les deux organisations sous-régionales plaident pour la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.

La Communauté de développement d'Afrique australe (Sadc) et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (Cirgl) ne cachent plus leur inquiétude face à la tournure que prend le processus électoral en RDC, et unissent leurs voix pour lancer aux autorités de ce pays un appel à la formation d'un gouvernement d' « union nationale », en vue de restaurer la confiance. Aussi suggèrent-elles un « recomptage des voix » qui permettrait de « rassurer gagnants et perdants ». 

Dans un communiqué, la Cirgl s'est inquiétée des « contestations » qui se multiplient depuis la proclamation des résultats des législatives qui sont, selon elle, de « nature à compromettre les efforts fournis ». Elle a exprimé sa « vive préoccupation » à propos de la situation en RDC et a exhorté les autorités à apporter plus d’« éclairage sur tous les éléments de doute pouvant jeter le discrédit sur le processus électoral ». 

Au terme de la publication des résultats provisoires des autres élections législatives, nationales et provinciales, et après concertation avec ses homologues de la Sadc, le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, président en exercice de la Cirgl, a noté avec une vive préoccupation l’expression de nombreuses contestations de nature à compromettre les efforts fournis. Ainsi, avec ses pairs, il « encourage toutes les parties à s’engager dans un processus politique susceptible d’améliorer la confiance des uns envers les autres, de bâtir des passerelles en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale et de renforcer les institutions démocratiques ».

Le chef de l'Etat congolais a, en outre, lancé un vibrant appel à tous les acteurs politiques ainsi qu’à la société civile de la RDC, à privilégier l’intérêt supérieur du pays, en ce moment crucial de son histoire, tout en réitérant sa disponibilité à soutenir tous les efforts visant la paix et la cohésion nationale dans ce pays.

Le plaidoyer de la Sadc et la Cirgl a suscité quelques réactions. Du côté de la coalition du président Kabila, le communiqué a été accueilli avec scepticisme. « Nous sommes toujours en train de vérifier » son « authenticité », a expliqué l'un des porte-paroles du Front commun pour le Congo, Kodjo Ndukuma, notant que le document était signé par le conseiller aux relations publiques du président zambien plutôt que par la Namibie, actuellement à la tête de la Sadc.

Il a  tout de même indiqué que le contentieux électoral était du ressort de la Cour constitutionnelle sur laquelle « ni les coalitions politiques ni les autorités étrangères ne devraient appliquer une quelconque injonction ».

Du côté de la coalition Lamuka, Martin Fayulu, candidat malheureux, a « remercié » la Sadc d'avoir demandé un « recomptage » de voix afin que soit proclamé président « celui qui a véritablement gagné ». Il a estimé qu'il « serait dangereux de ne pas soutenir le processus démocratique en RDC », sans se  prononcer clairement sur l'hypothèse d'un gouvernement d'union nationale. Mais Eve Bazaiba, sa porte-parole durant la campagne, a précisé : « Ce que nous voulons c'est uniquement la vérité des urnes ».

En revanche, pas de réaction du côté de la coalition Cach de Félix Tshisekedi qui se fait discret depuis que la Commission électorale nationale indépendante a annoncé sa victoire.

Autre réaction, celle de la Lucha. Fred Bauma, l'un des fondateurs du mouvement citoyen, juge qu’il est « important que la Sadc » demande « un recomptage des voix » afin que « la vérité des urnes soit rétablie ». Sans cela, a-t-il estimé, « toute démarche sera illégitime et maintiendra l’instabilité actuelle », ajoutant « que les gouvernements d’union nationale n’ont jamais été une solution en RDC » et n'ont jamais « rien résolu ».

Yvette Reine Nzaba

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