Présidentielle malgache : coup d’envoi de la campagne électorale pour le second tour

Mercredi 5 Décembre 2018 - 13:45

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 Arrivés  en tête du premier tour, les deux anciens présidents, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, ont moins de quinze jours pour convaincre les électeurs.

La campagne électorale malgache en vue du second tour de l’élection présidentielle a été lancée le 4 décembreSelon les médias locaux, deux débats télévisuels sont prévus à cet effet.  Le premier aura lieu  le 7 décembre et le second le 16 décembre, soit trois jours avant la fin de la campagne présidentielle.
Andry Rajoelina, l’ex-président de la transition, est arrivé en tête avec 39,19% des suffrages. Son ennemi de toujours, l’ex-président Marc Ravalomanana, le suit avec 35,29% des voix.

La campagne pour le second tour promet d'être féroce, tant le passif entre les deux finalistes est lourd. Peu avant, les deux protagonistes de la crise de 2009 ont été priés, par le président de la Haute cour constitutionnelle, de ne pas verser dans la provocation et d' éduquer leurs partisans dans ce sens.
En effet, à deux semaines du second tour de l'élection présidentielle, Marc Ravalomanana a affiché une confiance sans retenue. Le 19 décembre, il se dit de prendre enfin sa revanche sur son tombeur et successeur, Andry Rajoelina. « Il n'y a que 3 à 5% de différence entre moi et le candidat arrivé à la première place du premier tour, on peut le rattraper et le dépasser en même temps », a-t-il assuré.

Elu en 2002, Marc Ravalomanana a été contraint de quitter la présidence de la Grande île, sept ans plus tard, après une série de violentes manifestations soutenues par Andry Rajoelina, alors maire de la capitale. Celui-ci a ensuite été installé à la tête d'une présidence non élue par l'armée. Les deux hommes avaient été interdits de candidature en 2013, dans le cadre d'un accord de sortie de crise.
Les années ont passé mais le riche patron du groupe laitier Tiko, bientôt 69 ans, en tient une rancune tenace à son jeune rival, 44 ans, qu'il accuse volontiers de tous les maux. « S'il n'y avait pas eu ce coup d'Etat, Madagascar serait le premier pays d'Afrique aujourd'hui car, en 2008, le taux de croissance malgache était de 7,8% », se plaît-il à rappeler. Marc Ravalomanana promet aussi de s'attaquer à l'insécurité et de reprendre les aides à la scolarisation des enfants, lancées pendant son mandat. « Nous allons rebâtir la nation car tout a été détruit, nous allons restaurer la confiance entre la population et le dirigeant », a-t-il lancé.
Pour refaire son retard sur Andry Rajoelina, le chef du parti Tim compte mobiliser les abstentionnistes (46% au premier tour) et, surtout, s'attirer le soutien de quelques uns des trente-quatre candidats écartés du second tour. Arrivé troisième, le président sortant, Hery Rajaonarimampianina, qui a obtenu 8,84% des voix, s'y est catégoriquement refusé à soutenir l'un des deux candidats.
 

Yvette Reine Nzaba

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