Littérature : la Cene littéraire Congo lance sa rentrée 2022-2023

Jeudi 20 Octobre 2022 - 14:08

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La rentrée de la Cene littéraire Congo a eu lieu au lycée de la Réconciliation à Mfilou, le septième arrondissement de Brazzaville, sur le thème « Le génocide dans la littérature africaine : cas de Murambi, le livre des ossements ».

 Parler de la Cene littéraire Congo, a indiqué son responsable, Tristell Mouanda Moussoki, c’est parler de l’âme africaine, des écrivains africains et afro-descendants, du Congo, du Cameroun, du Burkina Faso, du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Togo, du Sénégal.

Pendant 1h45 mn, les conférenciers ont fait une analyse approfondie de la thématique qui a fait l’objet de la rentrée de la Cene littéraire Congo 2022-2023. Prosper Bassaboukila, critique littéraire, enseignant de la langue française, présentant le thème « Le génocide dans la littérature africaine : cas de Murambi, le livre des ossements », un drame qui a tué plus d’un million de personnes, il a fait savoir que le roman de Boubacar Boris Diop relate l’histoire dramatique du retour de Cornélius Uvimana dans son pays natal, le Rwanda, au lendemain du génocide des Tutsis. Fils d’un génocidaire Hutu et d’une mère Tutsi massacrée par les éléments de son père, il porte en lui le lourd héritage de cette histoire sanglante comme une excroissance. Mais, face à ce destin incongru, il refuse de détourner le regard et accepte l’histoire tragique de sa famille avec dignité. A côté de ce héros homérique, figure une héroïne dont l’existence est liée à celle du héros. Les deux amis ont eu une enfance difficile dans les rues de la ville de Murambi et les camps de réfugiés du Burundi. Jessica est devenue agent du FPR et Cornelius enseignant à Djibouti. Leur destin entremêlé à celui de toute une nation meurtrie se croise et se recroise au retour du fils du génocidaire.

Présentant le contexte historique du génocide au Rwanda, Huppert Malanda, écrivain, a souligné que seul l’art sait donner un sens à la vie. Il sait puiser des décombres de l’histoire le seul engrais de l’avenir. Le roman de Boubacar Boris Diop, écrivain de nationalité sénégalaise, a-t-il expliqué, est construit comme une enquête, un réquisitoire, avec une pertinente lucidité. « Il nous a éclairé sur l’ultime génocide du vingtième siècle mieux que tous les essais et témoignages. L’auteur y expose les faits, ses rouages et ses ombres cachées, avant, pendant et après le génocide. Les personnages se racontent, se croisent et se confessent. Ce roman est un miracle, comme le dit Toni Morrison », a-t-il signifié.

Pour l’écrivain Pierre Ntsemou, la leçon à tirer de ce génocide est que tous les autres peuples d’Afrique et du monde ne vivent plus ce genre de drame humain. « Que les humains sur cette terre reconnaissent une seule chose, c’est l’altruisme, la valeur cardinale de l’humain. Ce qui fait la différence entre un humain et un animal, c’est le fait que l’humain a la faculté de penser, donc d’avoir la possibilité de faire la distinction entre le bien et le mal. Et donc choisir ce qui est bien pour lui et inévitablement bien pour l’autre. Retenir le fait que faire le mal à l’autre, c’est se faire mal à soi. Voilà la grande leçon à tirer de ce livre portant sur le génocide au Rwanda », a-t-il indiqué.

Les élèves invités à cultiver l’intelligence par la lecture

Le directeur des études vague B du lycée de la Réconciliation, Rolf Nzanga, a loué l’initiative de la Cene littéraire. Ce genre de rencontres, a-t-il dit, permet d’éduquer les élèves et de les familiariser aux livres. Il a, par la suite, lancé un appel à ces derniers d’être assidus à l’école, gage de la réussite. Car, même pour bien faire les mathématiques, il faut comprendre le français et ce, à travers la lecture.

Invité d’honneur à cette rentrée littéraire, le président de l’Union des écrivains, artiste et artisans du Congo, Henri Djombo, a exhorté lui aussi les élèves à aimer le livre. Il a salué l’initiative de la Cene littéraire en ramenant le livre en milieu scolaire. Disant un mot sur le thème du jour, il a exhorté à l’amour du prochain. « Il faut cultiver l’amour, aimer la lecture, car la lecture vous met en contact avec le monde. Si je n'étais pas passé par l’école,  serai-je devenu ministre d’État ? D’où, je vous invite à aimer la lecture », a-t-il lancé.

Créée en 2015 par Flore Agnès Nda Meitz d’origine camerounaise et avocate,  la Cene littéraire Congo a pour but la promotion et la défense des littératures produites par les écrivains et afrodescendants en mettant en exergue une cause humaine, sociétale, idéologique, politique, culturelle, économique de l’Afrique ou de sa diaspora. Il s’agit aussi de donner un supplément de visibilité à des auteur(e)s noir(e)s vivant en Afrique ou dans la diaspora (Amériques, Europe, Caraïbes, Pacifiques, etc.). Les principales activités se concrétisent à travers des rencontres littéraires avec des écrivains, un prix littéraire (Prix Les Afriques) remis chaque année depuis 2016, des résidences littéraires et des soutiens en tous genres aux écrivains.

Bruno Okokana

Légendes et crédits photo : 

1- Les panelistes / DR 2 - Le président de l’Unéac s’adressant aux élèves / DR 3 - Les écrivains posant pour la postérité / DR

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