Média : l’Ufemco entre représentativité et journalisme responsable

Samedi 29 Mars 2025 - 13:15

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Après six mois d’existence à poser les jalons d’une organisation engagée dans le paysage médiatique congolais, l’Union des femmes des médias du Congo (Ufemco) a lancé officiellement sa plateforme le 28 mars, à Brazzaville. L’occasion pour elle de partager sa vision et de dérouler sa feuille de route. 

 

Fondée le 20 septembre 2024 à Brazzaville, l'Ufemco a réussi à se positionner en quelques mois comme une organisation engagée dans le paysage médiatique congolais. Cette association dynamique poursuit une mission fondamentale: renforcer la voix des femmes dans les médias, promouvoir leurs compétences et lutter pour l'égalité des genres dans la profession journalistique. 

« Les médias sont un levier essentiel du développement et les femmes y jouent un rôle majeur. Pourtant, en 63 ans d’existence, une seule femme, Gertrude Ngouassi, a dirigé la chaîne nationale. Dans nos rédactions, les postes techniques et décisionnels restent majoritairement masculins. Ce constat n’est pas le reflet d’un manque de compétence, mais bien de barrières systémiques et des limites que nous nous imposons parfois nous-mêmes. Mesdames, il est temps d’adopter une nouvelle posture : celle de l’audace », a déclaré Emilia Kidissa Gankama, présidente de l’Ufemco, journaliste cheffe de service du Bassin du Congo aux Dépêches de Brazzaville. 

Depuis sa création, l’Ufemco a déployé un programme d’activités ambitieux qui témoigne de son engagement. On note, entre autres, un atelier de sensibilisation au cancer du sein et du col de l’utérus, le lancement d’un programme gratuit d’apprentissage de la langue anglaise pour les professionnelles des médias, tout comme des conférences thématiques… Au-delà d’être une association professionnelle, l’Ufemco est aussi un média en ligne reconnu par l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques. Il se distingue par son approche hybride et un contenu varié, combinant presse écrite, audiovisuelle et contenu visuel. L’association est aussi active sur les réseaux sociaux avec des contenus adaptés à chaque plateforme.

Notons qu’outre la présidente de l’association, le bureau exécutif de l’Ufemco est constitué de Gloria Lossele, secrétaire générale ; Lopelle Mboussa, trésorière ; Divine Ongagna, chargé de communication ; Sarah Monguia, chargée de partenariat et, enfin, Mondesir Ikando, chargée de la coordination événementielle. 

Place au débat 

Le lancement de l’Ufemco a donné la voix à quelques professionnels des médias d’échanger sur le thème « Médias et développement : enjeux, défis et perspectives » qui a été décliné en trois panels. Sur la modération de Fiacre Kombo, chef de service Economie au sein des Dépêches de Brazzaville, le premier panel intitulé « Quel modèle économique pour des médias durables, inclusifs et crédibles ? » a été décortiqué par les journalistes Alphonse Ndongo qui dirige une page à son nom et Ernest Dimi, responsable du média en ligne Brazza net. Il en ressort que dans la plupart des cas, le média se nourrit de publicité. Mais si l’environnement ne le permet pas comme c’est le cas au Congo où les médias semblent plus nombreux que les entreprises compétitives, Alphonse Ndongo estime qu’il faut se réinventer en tenant compte de la spécialisation pour rester crédible et indépendant. 

Le deuxième panel, animé par le journaliste indépendant Arsène Séverin, sous la modération du rédacteur en chef du média Vox tv, Wences Mouandzibi, portait sur « Le rôle stratégique des médias dans le développement national ». Ce panel a été l’occasion de rappeler aux journalistes leur engagement et leur apport non négligeable capable d’orienter l’action du gouvernement dans des secteurs clés. « Si on se contente à faire du journalisme en allant dans les salons feutrés, le ministre a reçu, le ministre a organisé, le ministre a fait ceci..., on ne va pas contribuer au développement. Mais, il faut plutôt soulever les problèmes de la société. C'est pour ça qu'on est quatrième pouvoir », a-t-il martelé. 

Au dernier panel modéré par Gloire Moundango, les voix féminines ont retenti avec les journalistes Marna Mankene et Yvette Reine Boro, respectivement directrice de l’information à Vox tv et cheffe de service Afrique-Monde aux Dépêches de Brazzaville. Axée sur le thème « Femmes et pouvoir dans les médias : le plafond de verre », cette tribune a été une invite à l’endroit des femmes à briller par la compétence, la rigueur dans le travail, le courage, l’engagement et la détermination. 

Remerciant tous les panelistes, les représentants des médias et institutions, les étudiants et la société civile d’avoir répondu présents à cette cérémonie, Emilia Kidissa Gankama a déclaré : « Nous sommes pleinement conscientes des défis qui nous attendent, mais aussi des formidables opportunités qui s’offrent à nous. Pour concrétiser cette vision ambitieuse, nous avons besoin du soutien de tous pour augmenter la présence des femmes aux postes décisionnels, consolider nos programmes de formation, aider Ufemco à être un pôle d’emploi, permettre aux étudiants congolais en journalisme de bénéficier de bourses d’études… Ensemble, jouons chacun notre partition, pour que cette union soit le moteur d’un changement profond que nous léguerons avec fierté aux générations futures ».

Merveille Jessica Atipo

Légendes et crédits photo : 

1- La présidente de l’Ufemco, Emilia Kidissa Gankama, prononçant son allocution au lancement officiel de l’association/(Ufemco) 2- Lors des différents panels au programme de la cérémonie de lancement de l’Ufemco/Adiac 3- Une vue de l’assistance/(Ufemco)

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