Insécurité à Kinshasa : la maison communale et le commissariat urbain de Funa attaqués en pleine journée

Samedi 1 Juillet 2017 - 16:16

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L’attaque non revendiquée est attribuée cependant aux adeptes de la secte mystique politico-religieuse Bundu dia Mayala (BDM).

Le quartier Matongé, au centre de Kinshasa, connu pour son attractivité et son ambiance légendaire a été jeudi dernier le théâtre d’une scène d’affrontement entre les forces de l‘ordre et une bande d’assaillants ayant fait irruption à la maison communale et à l’état-major du commissariat urbain de Funa de la Police nationale congolaise (PNC). Les deux structures qui partagent un même périmètre ont été la cible d’une attaque visiblement planifiée menée par un « groupe de bandits munis d’armes blanches et d’armes à feu » selon la description faite par le vice-ministre de l’Intérieur, Basile Olongo.

Alors que tout baignait dans l‘huile dans ce quartier populaire où chacun vaquait librement à ses occupations, la quiétude des habitants a été  soudainement estompée par des tirs nourris provenant du commissariat de police,  lesquels tirs ont mis sens-dessous les commerçants qui opèrent dans ce coin de la capitale. Durant près de trente minutes, les balles ont sifflé dans tous les sens obligeant la population à se réfugier dans les terrasses ou boutiques disponibles. Arborant des bandeaux noués autour de la tête, la horde d’inciviques ayant investi les lieux avaient visiblement reçu la consigne de libérer les détenus du cachot du district et tout mettre à feu à sang au nom d’un idéal dont ils étaient seuls à en connaître la nature.     

La riposte des éléments de la police trouvés sur les lieux était énergique. Dans la foulée, trois assaillants seront maîtrisés et soumis à l’interrogatoire. Profitant de la débandade générale occasionnée par cette attaque, des personnes détenues au commissariat de la police de Kalamu ont pris la poudre d’escampette, à en croire certains témoins. « Heureusement que nous avons des policiers formés et des gens qui aiment le Congo et qui sont prêts à donner leurs vies pour le Congo. Ils ont pu maîtriser une fois de plus ces assaillants », s’est réjoui le vice-ministre Basile Olongo. Le bilan encore provisoire de ces affrontements fait état d’un mort parmi les assaillants et plusieurs blessés dont quatre dans les rangs des forces de l’ordre.

L’attaque non revendiquée est attribuée cependant aux adeptes de la secte mystique politico-religieuse BDM au regard de leur mode opératoire et surtout de la physionomie des assaillants, tous hystériques, bandeaux rouges autour de la tête, munis pour la plupart d’armes blanches et scandant des slogans sur fond des pratiques supposées les rendre invulnérables. Ces attaques des commissariats et prisons sont fréquentes depuis près de deux mois en RDC, pays qui traverse une crise politique aggravée par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

Alain Diasso

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