![]() Théâtre populaire : des artistes comédiens happés par la Pub !Mardi 26 Juillet 2016 - 15:34 Le goût du lucre, ou mieux, la quête du gain qu’impose la réclame ayant pris le dessus sur le travail de fond, la qualité de la production théatrale en a attrapé un sacré coup.
Fiston n’est pas seul dans cette catégorie « d’artistes-comédiens patrons » à la bourse bien garnie. L’on peut citer à la pèle, les Elombe Sukari, Rock Bokabela, Muyombe Gauche, Kaleb, Esobe et tant d’autres. Toutes ces vedettes du théatre populaire ont réussi à tirer leur discipline du gouffre en l’extirpant des clichés avilissants qui l’avait gangrené à une certaine époque. Aujourd’hui, le métier nourrit bien son homme. Décomplexés, se considérant comme des stars à part entière faisant jeu égal avec les célébrités du monde musical en termes d’acquis matériels, les amis de Ngalufar ont aujourd’hui, des solides arguments pour défendre leur profession. L’entrée de la publicité dans le champ théâtral a largement contribué à l’évolution de la discipline. La réclame est, en effet, devenue incontournable pour les artistes comédiens qui en ont fait leur domaine privilégié. Des industries de tout acabit recourent de plus en plus à leur talent pour promouvoir leurs produits. La recette marche du tonnerre. Fiston Saï Saï qui s’est spécialisé en la matière a une longueur d’avance sur ses collègues. Il tient toujours la dragée haute, sollicité par diverses sociétés qui ne lésinent pas sur les moyens pour bénéficier de ses services. À la tête de son propre label de production, il conçoit des spots publicitaires, assure le montage et la réalisation jusqu’à leur diffusion sur des chaînes Tv. Il est de moins en moins présent sur le terrain de la production théatrale, tant les dividendes générés par la publicité sont énormes. La Pub fait donc courir les artistes comédiens RD-congolais mués en agents marketeurs de certains produits, du cosmétique à l’alimentaire en passant par les biens et services, mis à la disposition du public. Conséquence, les gars n’ont plus la tête à la production des « scènes » de théatre de qualité bâties sur des scenarii bien ficelés. La publicité influe désormais sur leur prestation sur fond des « dédicaces » balancées à temps et à contretemps au grand désenchantement des téléspectateurs. La tendance est à s'en mettre plein les poches même si l’idée directrice du film peut en pâtir. On est donc bien loin de l’époque de l‘art pour l’art où seul le professionnalisme guidait la pratique du théâtre. Le goût du lucre, ou mieux, la quête du gain ayant pris le dessus sur le travail de fond, la qualité du jeu en a attrapé un sacré coup. Alain Diasso Légendes et crédits photo :Fiston Saï saï Notification:Non |