Transport urbain : des clients entassés comme des sardines

Jeudi 7 Avril 2022 - 19:25

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A votre avis, combien de personnes devraient tenir dans une Toyota picnic ou un minibus Corolla Hiace ? Le constructeur répondra certainement sept pour une Toyota picnic et quinze personnes maximum pour une Toyota Corolla Hiace. Et bien non, à Brazzaville la surcharge s’est enracinée dans les habitudes des chauffeurs de la place.

Dans les moyens de transport en commun, les passagers s’entassent comme des sardines au détriment de toutes normes de sécurité. Des véhicules en charge de transporter des personnes à ceux des marchandises, aucun à Brazzaville ne déroge à la règle.

Un supplément de personnes est constaté lorsque vous empruntez divers moyens de transport, notamment la Toyota picnic, Toyota Corolla Hiace, le Coaster ou encore les célèbres bus de la Société des transports publics urbains dénommés « Mal à l'aise ». Même les minibus du groupe français Bolloré, qui au départ ont offert aux Brazzavillois une belle expérience en termes de transport en commun, ont emboîté le pas. Ces Bleubus de six mètres qui n’ont la capacité de transporter que vingt-deux passagers commencent à pousser le bouchon un peu plus loin.

En effet, on les voit maintenant remplis à ras bord et continuer à faire monter des clients sans se soucier de leur confort. Aux heures de pointe, le nombre de places debout dépasse souvent la norme.  Les supplications des clients telles « on est déjà trop coincé »« les personnes que vous faites monter vont rester où ? »,... tombent souvent dans les oreilles d’un sourd.

Il s’est créé chez les chauffeurs une telle cupidité que les règles basiques de transport et de sécurité des passagers sont balayées d’un revers. Entre inconfort et insolence de certains chauffeurs et contrôleurs (receveurs), les Brazzavillois s’accommodent à ces mauvaises pratiques car le choix reste limité en matière de transport public. 

Le laisser-aller des pouvoirs publics

Ces faits se déroulent souvent sous le regard indifférent des éléments de la force publique, postés le long des artères pour le contrôle, mais qui se contentent d’une quelconque somme d’argent en guise de laisser-passer. 

Cela entraîne le non-respect des mesures de sécurité par les transporteurs. Et pourtant, le respect des normes de sécurité édictées par le constructeur ne devrait pas être une valeur marchande, car la vie des citoyens en dépend. De même, la limitation du nombre de places pour la sécurité des passagers ne devrait pas seulement s’appliquer dans le cadre de la riposte contre la covid-19.

Le transport est un droit.  La loi définit le service public de transports terrestres comme devant viser à rendre effective la satisfaction des besoins des citoyens en matière de transport dans les conditions les plus avantageuses pour la collectivité nationale et pour les usagers en termes de sécurité, de disponibilité des moyens de transport, de coût, de prix et de qualité de service.

Quant aux conditions d'exploitation, elles sont claires. Pour accéder à la profession de transporteur, les opérateurs privés doivent répondre à des conditions de sécurité, de qualification professionnelle, de moyens de transport, de conditions d'exploitation et de travail et de qualité de service. Est-ce vraiment le cas ? Loin s'en faut. 

Durly Emilia Gankama

Légendes et crédits photo : 

Les usagers à bord d'une Toyota picnic

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