Endométriose : HG Providers Services plaide pour une meilleure prise en charge au CongoJeudi 3 Avril 2025 - 10:30 Les 27 et 28 mars, le Palais des congrès de Brazzaville a accueilli les Journées combinées de la femme et de l'endométriose, une initiative portée par le cabinet HG Providers Services. Cet événement avait pour objectifs de sensibiliser la population congolaise à la réalité de l'endométriose et à ses conséquences, d'encourager la recherche et la formation médicale, ainsi que de plaider pour un meilleur accès aux soins. En présence de nombreux experts, professionnels de santé et étudiants, les journées ont mis en lumière la prévalence de l'endométriose en République du Congo, où elle constitue la deuxième cause des évacuations sanitaires chez les femmes. Ouvrant les travaux, le Pr Clautaire Itoua, chef du service de gynécologie au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville et coordonnateur du diplôme d'études spécialisées en gynécologie-obstétrique à l'Université Marien-Ngouabi, a souligné que l'un des principaux obstacles à la prise en charge de cette maladie réside dans son diagnostic tardif. « Nous recevons souvent des patientes qui souffrent depuis dix voire vingt ans, car la maladie n'a pas été détectée à temps. Lorsqu'elle est diagnostiquée précocement, il est possible de mettre en place un traitement adapté afin de limiter les souffrances. Une intervention chirurgicale peut également être envisagée si nécessaire, bien que celle-ci ne garantisse pas toujours une guérison définitive. Car, si d'autres organes sont atteints, l'opération peut s'avérer risquée », a expliqué le Pr Clautaire Itoua. L'endométriose se caractérise par la présence anormale de l'endomètre en dehors de l'utérus, pouvant affecter d'autres organes tels que la vessie ou les intestins. Cette pathologie chronique touche une femme en âge de procréer sur dix dans le monde. Parmi ses symptômes les plus courants figurent des douleurs menstruelles intenses, des douleurs pelviennes chroniques, des dyspareunies (douleurs pendant les rapports sexuels), des troubles digestifs ou urinaires, une fatigue chronique et des difficultés à concevoir. La Pre Gickelle Mpika-Bintsene, quant à elle, a tenu à préciser qu'il est normal d'éprouver quelques douleurs durant les premiers jours des menstruations. Toutefois, une vigilance s'impose lorsque ces douleurs persistent plusieurs jours ou s'accompagnent de la présence de sang dans les urines, ou encore d’autres signes anormaux pendant les règles menstruelles. Fréquemment confondu avec le fibrome utérin, également appelé myome, la gynécologue a souligné que ce dernier est une tumeur bénigne se développant dans la paroi utérine, touchant environ une femme sur trois après 35 ans, avec une prévalence accrue chez les femmes africaines. Interrogée sur un éventuel lien entre ces pathologies et le cancer de l'utérus, la présidente du Conseil départemental de l'Ordre des médecins de Brazzaville, la Pre Gickelle Mpika, a affirmé qu'aucune corrélation n'a été établie. Toutefois, elle a insisté sur l'importance d'une surveillance accrue et d'une vigilance constante. Briser le silence pour secourir les femmes souffrant d'endométriose De son côté, le Pr Emmanuel Nzau, gynécologue-obstétricien et enseignant à la Faculté de médecine de l'Université de Kinshasa, et aussi président de la Fondation Daemmmi (dédiée au développement de l'endoscopie et à l'amélioration de la prise en charge de l'endométriose), a souligné l'impact de cette maladie sur le leadership féminin : « Imaginez une femme qui, au lieu d'exploiter pleinement son potentiel ou d'exercer son activité professionnelle, est contrainte de passer plusieurs jours par mois à l'hôpital. Une souffrance chronique constitue un véritable frein à l'épanouissement personnel et professionnel. Financièrement, cette situation peut mener à la précarité », a-t-il déclaré avec consternation. La détresse des femmes souffrant d'endométriose a été unanimement reconnue par le comité scientifique présent, qui a soutenu à l’unanimité qu’il est impératif de leur apporter un accompagnement adapté et de favoriser une prise en charge optimale. Pour ce faire, il convient de briser le silence. Parmi les moments forts de ces journées, il y a eu l'intervention de Mme Yoka, fondatrice de HG Providers Services et initiatrice de l'événement, qui a témoigné de son propre combat contre cette maladie. Mme Issongo, présidente de l'association Endo Congo, a également partagé son expérience, mettant en exergue l'errance médicale dont elle a été victime : « J'ai parcouru l'Afrique du Sud et le Maroc dans l'espoir de trouver un traitement. J'étais prête à tout, car mon rêve était de devenir mère. Malheureusement, l'endométriose l'a brisé. Je n’ai pas pu devenir mère », a-t-elle confié, les larmes aux yeux. Ces journées ont été marquées par une forte charge émotionnelle, entre témoignages bouleversants, interventions d'experts et échanges passionnés avec les participantes. Pour clôturer l’événement, Louison Saby Mokoma, président-directeur général de HG Providers Services et coordonnateur de la zone Sud, a formulé un plaidoyer en faveur d'un engagement gouvernemental fort. « Nous demandons à l'État congolais d'intégrer l'endométriose parmi ses priorités de santé publique, de renforcer l'accès à l'information, à la prévention et aux soins, et de soutenir les initiatives en faveur de la recherche et de l'éducation sur cette maladie. Ensemble, brisons le silence et changeons la vie de nombreuses femmes au Congo », a-t-il déclaré. Mildred Moukenga Légendes et crédits photo :Une vue des intervenants /Adiac Notification:Non |