Bouenza: une rencontre citoyenne axée sur la paix et le développement

Jeudi 27 Mars 2025 - 9:00

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« Je rentre à Brazzaville très satisfait de ma mission », s’est félicité le président Denis Sassou N’Guesso devant les sages et notabilités de la Bouenza qui lui témoignaient leur soutien et leur reconnaissance.

Avant de regagner la capitale le 26 mars, au terme d'un long séjour de travail dans la Bouenza, le président Denis Sassou N’Guesso a échangé avec les sages, notabilités et autorités préfectorales à Madingou, chef-lieu du département. Dans un entretien empreint d’écoute et de respect, le chef de l’Etat et ses interlocuteurs ont évoqué la nécessité de préserver la paix et mettre le cap sur le développement économique pour le bien du Congo et de sa population. La rencontre se tenait au Palais présidentiel de la localité.

Dans son allocution de circonstance, Jules Monkala Tchoumou, le préfet du département, a  rapporté que le climat d’ensemble dans la Bouenza est calme, la population vaque librement à ses occupations, l’administration fonctionne, aucune velléité de contestation des institutions publiques signalée, le tout porté par une activité économique prometteuse. « L’accueil des plus chaleureux que la population vous a réservé témoigne de son adhésion à votre action, Monsieur le président de la République », a-t-il conclu.

Les sages lorgnent loin

A son tour, le représentant des sages et notabilités, Antoine Mabiala, a lu une brève déclaration dans laquelle il a exprimé sa gratitude au président de la République pour ce déplacement de plusieurs jours dans la Bouenza et l’accent mis sur les questions économiques et l’emploi des jeunes. « Nous sommes heureux de vous voir toujours en forme et toujours travailleur », s’est-il réjoui, ajoutant : « Monsieur le président, les attentes et préoccupations de la Bouenza, vous les connaissez, pour cela nous vous invitons à faire votre travail d’autant plus que nous vous renouvelons notre confiance et notre engagement à vous soutenir ».

Comme caution à ce soutien, contre toute attente, Antoine Mabiala a arraché les applaudissements de l’auditoire en invitant le chef de l’Etat à se porter candidat à l’élection présidentielle de l’année prochaine. Joignant le geste à la parole, il lui a remis, au nom de toute la communauté, une enveloppe au titre de la contribution financière des sages et notabilités de la Bouenza à ce vœu exprimé en public.

Cette même demande à se présenter en 2026, le président de la République l’a reçue, le 24 mars, ainsi qu’une enveloppe symbolique, d’une jeune femme du groupement des bachelières paysannes travaillant dans la zone agricole protégée de Mouindi.

Avant de clore son propos – en sage détestant la fausse modestie-, Antoine Mabiala a souligné combien la Bouenza est honorée du maintien de l’une de ses filles et de l’entrée d’un de ses fils au gouvernement, mais aussi des hautes fonctions confiées à l'un de ses enfants au bureau du Sénat : le département n’est pas laissé pour compte !

La Bouenza, « Grenier » du Congo

A la suite des premiers orateurs, le président de la République a salué la mobilisation  et l'accueil de la population de la Bouenza mais aussi pour le choix qu’elle a fait de valoriser les riches terres du département à travers l’activité agricole. Il s’est dit heureux de voir s’accomplir un des axes de son projet de société lors de l’élection présidentielle de 2021, faisant allusion à l’implantation de nombreuses zones agricoles protégées à travers le pays. S’agissant précisément de la Bouenza, il a estimé que « tous les facteurs sont réunis pour faire de ce département et globalement de la vallée du Niari un épicentre de la mécanisation agricole. Le gouvernement va appuyer la population dans ce sens. La Bouenza a donné le ton, les autres départements doivent suivre cet exemple ».

Le chef de l’Etat a promis l’organisation à Brazzaville d’une grande exposition de produits agricoles, de pêche et d’élevage réunissant tous les départements. Une façon, a-t-il insisté, de créer les conditions d’une autosuffisance alimentaire du pays. Evoquant le mot d’ordre lancé dans les années 1980 « d’autosuffisance alimentaire en l’an 2000 », le président de la République a reconnu que cet objectif n’a pas été atteint, mais il n’a pas pour autant abandonné le projet.  « Tous les départements du Congo peuvent contribuer au développement du pays. Nous pouvons exporter les produits de notre sous-sol. Nous sommes seulement 6 millions répartis sur un vaste territoire de 342 000 km2, nous pouvons produire et nous nourrir, même quand notre population doublera », a-t-il argumenté. Il a cité l’exemple du Rwanda, pays peuplé d’un peu plus de 12 millions d’habitants pour un territoire de la taille d’un des départements du Congo mais converti au travail.

Préserver le bien public

Sur un tout autre sujet, s’il a déploré le sort des jeunes enfants communément appelés « Bébés noirs », qui versent dans le grand banditisme alors qu’ils constituent une main- d’œuvre locale potentielle, le chef de l’Etat a estimé que cette couche de la population congolaise mérite d’être encadrée et réorientée. Une mission  qui incombe aux pouvoirs publics mais aussi aux sages et aux élus locaux, a-t-il indiqué, avant de rappeler à ses interlocuteurs le devoir qui leur revient de ne pas aliéner les infrastructures publiques qui ont mobilisé d’importantes sommes d’argent ces dernières années.

Le président de la République s’est  notamment dit surpris de voir le chantier de l’hôpital général de Madingou, dont les travaux sont réalisés à près de 70%, envahi par les herbes alors qu’il jouxte une voie passante bitumée. « Ce projet, tout comme ceux similaires développés dans d’autres départements du pays, ne sont pas abandonnés par le gouvernement. Les douze hôpitaux généraux ainsi que l’hôpital des armées de Brazzaville seront achevés. Nous avons décidé de finaliser les travaux au rythme de deux par deux », a précisé le chef de l’Etat. Ainsi, ceux de Brazzaville et Pointe-Noire étant livrés, le tour reviendra aux hôpitaux de Sibiti et de Ouesso, puis de Kinkala et d’Impfondo, ainsi de suite. « Qui sait si après, Madingou et un autre chef-lieu de département ne prendront pas le relais ! Nettoyez-moi mon chantier, nous n’allons pas échouer !», a-t-il insisté.

Enfin répondant à l'invite des sages à se présenter à l’élection présidentielle, le chef de l’Etat, le « précieux » cadeau en main, a fait part de sa gratitude : « Prions que Dieu exauce notre volonté. Restons en prière. Je garde jusqu’au jour où la prière sera exaucée. Je reviendrai ! ».

Gankama N'Siah

Légendes et crédits photo : 

1- Le chef de l'Etat s'adressant aux sages / Adiac 2- Antoine Mabiala remettant la contribution des sages au président de la République / Adiac 3- Une des richesses de la Bouenza/ Adiac 4- Le chantier de l'hôpital général de Madingou / Adiac

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