Environnement : préserver le label international de la réserve de biosphère de Dimonika

Samedi 5 Avril 2025 - 11:18

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Interpellé par l’Assemblée nationale le 3 avril lors de la séance des questions orales avec débat sur la dégradation de la réserve de biosphère de Dimonika, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, a assuré que l’exécutif met tout en œuvre pour préserver le label international de ce site.

Reconnue par l’Unesco en 1988, la réserve de biosphère de Dimonika, située dans le Mayombe, département du Kouilou à 50 km de la côte atlantique, est actuellement menacée par des activités illicites. Il s’agit, entre autres, de l’exploitation illégale du bois, du sillage artisanal, de la coupe du bois de chauffe et charbon, de l’exploitation illicite des ressources minières avec l’activité d’orpaillage, de la conversion de l’utilisation des terres pour l’agriculture de subsistance par les communautés locales, des activités de braconnage sur les espèces prisées comme le céphalophe, des activités de pêche illicite à la dynamite et par empoissonnement.  

« Le gouvernement prend à cœur la situation de la réserve de biosphère de Dimonika. J’ai d’ailleurs, à ce sujet, réuni en interministériel les ministres concernés le 20 mars 2025 et je projette un déplacement sur le site dès la semaine prochaine. Je souhaite rappeler à la représentation nationale que la réserve de la biosphère de Dimonika, située dans le Mayombe qui a été créée le 1er mars 1988, fait partie intégrale du Réseau mondial des réserves de biosphère du Programme sur l’homme et la biosphère de l’Unesco », a rappelé le chef du gouvernement.

S’étendant sur une superficie de 136 000 hectares, cette réserve a pour but d’assurer la conservation des ressources génétiques, d’encourager la recherche fondamentale et appliquée pour le développement des connaissances du milieu ; d'assurer la meilleure compréhension des interactions entre la population locale et l’environnement ; de promouvoir le développement régional intégré au bénéfice de la population avec sa participation.

Selon le Premier ministre, les dégradations dans la zone de biosphère protégée de Dimonika ne datent pas de ces dernières années, mais de deux à trois décennies d’activités non encadrées ayant profité d’un vide juridique. En effet, la loi qui datait de 1991 ne disposait que d’un seul décret d’application. C’est au regard des situations aussi urgentes et critiques que le gouvernement a fait adopter par le Parlement la loi portant gestion durable de l’environnement en 2023; laquelle aborde de manière plus exhaustive les problématiques environnementales et prévoit une série de textes et outils d’application à même de régler un tel problème. Les textes d’application de cette loi, précisément ceux relatifs au budget d’impact sur l’environnement, au contrôle des installations classées, à la gestion des déchets, des produits chimiques, sont en cours d’examen. Certains d’entre eux ont déjà été adoptés en Conseil des ministres et sont dans le circuit de promulgation.

"Réaliser un état des lieux par un audit environnemental et sociétal"

Soucieux d’accompagner la loi sur l’environnement, il est prévu l’instauration accélérée de la responsabilité sociétale des entreprises et l’application continue de la société civile pour accompagner la veille environnementale assurée par l’administration. « Pour préserver l’intégrité de la biosphère de Dimonika et renforcer sa gestion durable, le gouvernement préconise de réaliser un état des lieux par un audit environnemental et sociétal, de revoir les limites de la réserve et actualiser sa matérialisation, de faire observer une zone tampon entre la réserve et toute autre activité jouxtant la réserve, de mettre fin à la superposition des usages observés en subordonnant l’autorisation de toute activité économique autour de la réserve à l’avis technique d’autres ministères concernés, d’appliquer strictement la législation et la réglementation en vigueur », a conclu Anatole Collinet Makosso. Il a précisé qu’un nouveau code minier est actuellement en élaboration afin de renforcer le contrôle et le suivi régulier des activités légales autour de la réserve.  

En effet, le Premier ministre répondait aux questions de la présidente de la Commission environnement, sécurité alimentaire et développement durable de l’Assemblée nationale, Marie Jeanne Kouloumbou. Outre les questions liées à la protection de l’environnement, le chef du gouvernement a été interpellé sur le retard pris dans la mise en œuvre des conclusions des états généraux de l’éducation nationale, de la formation et de la recherche, tenus du 25 au 29 janvier 2024 ; la conciliation des années dédiées à la jeunesse et la transformation éducative attendue ; la possibilité de verser une rémunération mensuelle aux conseillers locaux ; les obstacles qui entravent le développement des zones économiques spéciales.

Parfait Wilfried Douniama

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