Micaela Marques De Sousa : « Les mères devraient continuer à allaiter au travail »Vendredi 3 Août 2018 - 20:55 La mise en place d’un environnement règlementaire et normatif favorable à l’allaitement, notamment en milieu professionnel permettra, selon la représentante de l’Unicef au Congo, de sauver la vie des nourrissons.
Selon la responsable de l’agence onusienne au Congo, l’allaitement précoce et exclusif pendant les six premiers mois, avec un allaitement continu pendant la première année, pourrait sauver 1,4 million de vies chaque année. Si l’allaitement se poursuit parallèlement à une alimentation complémentaire appropriée jusqu’à l’âge de 2 ans au moins, cinq mille cinq cents vies supplémentaires pourraient être sauvées chaque jour. Au Congo, à en croire les données récoltées suivant la méthodologie d’enquête à indicateurs multiples, seulement 25% de nouveau-nés, soit un quart, sont allaités dans les premières heures de vie tel que le recommande l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Par ailleurs, 33% d’enfants, soit 2/5, bénéficient d’un allaitement exclusif au cours des six premiers mois de vie. « Le Congo a souscrit aux engagements de la stratégie mondiale de nutrition qui vise à augmenter le taux d’allaitement exclusif et précoce à plus de 50% d’ici 2025 », a précisé la représentante de l’Unicef. Pour Micaela Marques De Sousa, il est possible de faire progresser l’allaitement précoce et exclusif dans le pays. Ce progrès, d'après elle, passe par les dix étapes définies par l’OMS et l’Unicef. Au nombre de ces étapes figure la mise en place d’un environnement règlementaire et normatif favorable à l’allaitement qui repose, entre autres, sur la prise des mesures incitatives dans les lieux de travail : les salles aménagées, les pauses allaitement, le respect des congés de maternité de durée suffisante pour favoriser l’allaitement exclusif. Car de nombreuses mères qui retournent au travail abandonnent partiellement ou complètement l’allaitement maternel, parce qu’elles n’ont pas suffisamment de temps ou d’espace pour allaiter. Les conditions favorables comme les crèches sur place, les installations de stockage du lait maternel peuvent aider. Il y a, en outre, la mise en œuvre et la systématisation de l’initiative « hôpitaux amis des bébés » visant à faire des institutions sanitaires (hôpitaux et centres de santé) des lieux de promotion et d’encouragement de l’allaitement maternel précoce et exclusif. « L’engagement de la communauté, des familles afin de faire que la société soit adaptée à l’allaitement maternel en aidant les mères à allaiter partout et à n’importe quel moment », a signifié Micaela Marques De Sousa. C’est d’ailleurs pourquoi, a-t-elle poursuivi, l’Unicef, l’OMS et les autres agences du système des Nations unies font de l’allaitement précoce et exclusif une priorité car il s’agit d’un bon investissement de santé publique. Le lait maternel, a estimé la représentante de l’Unicef, n’est pas seulement un investissement pour améliorer la santé des enfants et sauver des vies mais aussi un investissement qui peut profiter à l’économie des ménages et d’un pays. « L’allaitement ne coûte pas un franc pour les parents, il est gratuit et disponible quand l’enfant le réclame », a-t-elle précisé. En rappel, la célébration de la semaine mondiale de l’allaitement prendra fin le 7 août. Elle a été instituée par l’Alliance mondiale de l’allaitement maternel. En août 1990, l’OMS et l’Unicef ont signé la « Déclaration Innocenti » sur la protection, l’encouragement et le soutien de l’allaitement. Cette semaine est célébrée dans 1780 pays dans le monde. Lors du lancement officiel de sa célébration au Congo, un échantillon des femmes ayant respecté la durée de l’allaitement telle que recommandée par l’Unicef et l’OMS ont été primées par la ministre des Affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, Antoinette Dinga Dzondo, représentant la ministre de la Santé et de la population empêchée, et la représentante de l’Unicef. Ces femmes ont reçu des diplômes d’encouragement avec des pagnes. En dehors des femmes, des hommes aussi ont été congratulés. Non pas parce qu’ils ont allaité mais parce qu’ils ont encouragé leurs enfants à respecter la durée de l’allaitement, y compris les médecins qui ont fait des sensibilisations dans les centres de soins et hôpitaux où ils exercent.
Rominique Makaya Légendes et crédits photo : La représentante de l'Unicef Notification:Non |