Les souvenirs de la musique congolaise : le parcours de Jeannot Bombenga Wewando (Suite et fin)

Samedi 5 Avril 2025 - 23:12

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Au fil du temps, grâce au savoir-faire et au leadership de Jeannot Bombenga dit Jeannot Lolango, et à la présence très remarquée dans le Vox Africa d’une pléiade de chanteurs, en l’occurrence Sam Mangwana, Franklin Boukaka, Ntesa Dalienst, Kuka Mathieu, Kelly, Papy et Loko Massengo Djeskain, des chansons aux mélodies limpides telles que "Julie ya ba Julie", "Léa", "Mado", "Bébé 68" connaissent un franc succès sur l’échiquier musical congolais.

 

L’on retiendra également les titres "Congo nouveau, Afrique nouvelle" et "Mbula ya sacrifice", œuvres de Jeannot Bombenga retenues comme génériques des journaux parlés à la radio et la télévision nationale congolaise pour la profondeur de leur message qui ont fait de lui un grand chanteur compositeur émérite.  Mais malgré sa fulgurance et la belle épopée dans l’arène musicale congolaise, le Vox Africa sera secoué par de nombreux départs. En effet, en 1968, Sam Mangwana, Dalienst et autres abandonnent Bombenga et fondent le groupe dénominé Festival des maquisarts. Bien qu’ayant recruté d’autres musiciens, le Vox Africa va sombrer au fil des mois et connaîtra sa fin en 1970 suite à la défection du guitariste Souzi Kasseya qui alla monnayer ses talents en Europe.

Réputé comme l’un des piliers de la rumba congolaise, chanteur et compositeur très prolixe, Jeannot Bombenga a à son actif plus de deux cent cinquante chansons à succès et est parmi les artistes musiciens qui ont chanté pour la gloire de la République démocratique du Congo. Fatigué par le poids de l’âge (91 ans) et terrassé par la maladie, Jeannot Lolango a mis fin à sa carrière en 2019 à l’issue d’un concert d’adieu. Patriarche et icône de la musique congolaise, il plaide sa cause en ces termes : « C’est maintenant que j’ai besoin des hommages, après ma mort ce sera inutile, j’ai fait mon temps dans la musique. Cet art a fait de moi une icône, une personnalité de mon pays. J’ai écrit et chanté de très belles chansons qui sont des références dans le répertoire de la rumba congolaise. Dieu m'a fait grâce de vivre jusqu’à cet âge, l’heure a sonné pour laisser aussi la place aux jeunes de continuer le travail là ou nous nous sommes arrêtés ».

Il réitéra son souhait de voir le gouvernement l’honorer pendant qu’il est en vie en déclarant : « Mon vœu le plus ardent est que je sois si possible honoré avant ma mort plutôt que de l’être à titre posthume. A ce titre, vu que je suis le seul et unique survivant de ma génération, je serai encore plus ravi si l'on peut dresser un monument pour moi et pour la postérité ».

Auguste Ken Nkenkela

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