A cœur ouvert : identité saine

Samedi 5 Avril 2025 - 23:15

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimable

Comment devient-on quelqu'un de bien ? Comment noue-t-on des relations saines avec nos alters ? Comment progresse-t-on vers le meilleur de nous-mêmes ? Comment reconnaît-on et accomplit-on ce pourquoi l'on est sur terre ?

Grande question qu'est celle de l'identité saine. Grand enjeu qu'est de la découvrir ou de la reconnaître d'autant plus que nous ne devenons pas nous-mêmes par nous-mêmes. Nous arrivons sur terre accueillis par des prédécesseurs qui nous mettent sur les rails, sur le chemin, de nous-mêmes. Nous ne sommes pas alors dépendants de nous-mêmes pour espérer développer une identité saine par nous-mêmes.

Les premières années de notre vie sont façonnées par les autres. Une mère, un père, une famille, un voisinage, un quartier, une école et ainsi de suite. Les événements que nous vivons dans notre enfance ne sont pas de notre ressort. La nature de la relation entre nos parents, le fait d'être enfant unique ou d'avoir plusieurs frères et sœurs, le manque ou l'abondance dans laquelle nous naissons, la culture ou le manque d'éducation que nous rencontrons, ne sont pas du fait de notre ressort mais façonnent déjà et profondément ce qui nous allons être au monde. Ils nous donnent notre première forme.

La destruction de la famille est telle qu'aujourd'hui, il est bien difficile de former ou d'espérer former des individus ayant une profonde conscience d'eux-mêmes et du lien à autrui. La destruction de l'école aujourd'hui est telle qu'il est presque utopique de former ou d'espérer former des individus ayant une profonde conscience civique, instruits et à la quête de l'excellence, pas de l'à-peu-près.

L'échec des religions et les dérapages de la tradition sont tels que former ou espérer former des individus ayant une profonde conscience morale, des valeurs d'esprit et la capacité de discernement entre ce qui est bien et ce qui est mal et l'aspiration foncière au bien reste quelque chose de quasiment hasardeux aujourd'hui.

L'identité saine devient alors quelque chose de très rare, de presque inexistant. Les âmes sont accueillies dans des familles blessées et blessantes et la configuration de nos sociétés est telle que les individus ne sont pas suffisamment outillés pour aspirer au meilleur, à s'en servir et à le servir. Il faudrait alors profondément changer la face de la terre et peut-être revenir à l'origine, au commencement, voir à quel moment de l'histoire l'identité a été détruite, falsifiée, de quelle manière l'a-t-elle été et de quelle manière peut-elle être réparée.

Princilia Pérès

Notification: 

Non