![]() Affaire Kamuina Nsapu : l’avocat d’une famille victime interpelle le gouvernement congolaisSamedi 28 Juillet 2018 - 15:40 Par une lettre du 6 juillet adressée aux autorités belges, Me Danny Mukalenge attire l'attention de l'exécutif national sur la situation d’insécurité créée par des services d’intelligence et de maintien d’ordre. L'avocat relève dans sa correspondance que le cas référencé et ceux qui sont révélés ne représentent qu’une infime portion de tous les cas de violations des droits de l’homme commis par les détenteurs de la puissance publique dans le pays. Il attend, de ce fait, des autorités nationales de tout mettre en œuvre en vue de réduire l’insécurité créée par des services d’intelligence et de maintien d’ordre. Se référant au cas de la famille Kasanda Bishima Nico dont il est l’avocat-conseil et qui a été relevé dans une de nos parutions, Me Danny Mukalenge soutient que des cas qui sont rendus publics et dénoncés comme celui-ci ne représenteraient qu’une infime portion des violations des droits de l’homme enregistrées tous les jours en RDC. Il a donc attiré l’attention du gouvernement congolais à qui une copie de sa lettre adressée au responsable du Commissariat général aux réfugies et aux apatrides à Bruxelles a été réservée, sur « la violation récurrente des droits de l’homme par les services spécialisés qui sont très souvent instrumentalisés par des personnes détenant une parcelle de pouvoir et qui en abusent ». Le juriste a également exhorté le gouvernement à veiller au respect de ses obligations vis-à-vis de ses citoyens. Il a cité la protection et la sécurité des personnes et de leurs biens, la lutte contre la corruption et l’affairisme qui gangrènent tous les services de l’Etat (dont l’armée), la réforme tant attendue de l’armée ainsi que des services de sécurité et de renseignements, une justice équitable à tous les niveaux et par-dessus tout un vif effort pour l’arrêt des violations permanentes des droits humains sur toute l’étendue de la République. Cette lettre appelle aussi tous les partenaires dans la lutte pour la défense des droits de l’homme (ONG, missions diplomatiques des organismes internationaux et pays étrangers, confessions religieuses et autres) à redoubler d’effort dans la dénonciation des violations récurrentes des droits humains et le soutien aux activistes et défenseurs des droits de l’homme « dans cette difficile tâche ». Une affaire montée pour nuire Dans sa requête visant à informer sur la situation que vit la famille Kasanda Bishima Nico, victime selon lui d'une affaire montée pour nuire, il sollicite la protection de celle-ci par des structures compétentes. A l’en croire, tout avait commencé en septembre 2016, alors que le père, Kasanda Bishima Nico revenait de Belgique où il avait accompagné son épouse et ses quatre enfants dans un voyage touristique. Ce chef de famille, explique l’avocat-conseil, fut enlevé dans la ville de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï central, par les éléments des forces de l’ordre, plus précisément ceux de la garde républicaine qui l’avaient amené dans une destination inconnue. « Toutes les démarches faites par mon cabinet et moi-même pour trouver l’endroit de son incarcération sont restées vaines », a-t-il fait savoir. Me Danny Mukalenge donne des références de près d’une dizaine de convocations et actes judiciaires au nom de Nico Kasanda Bishima enregistrés par son cabinet, soutenant, en outre, que depuis 2017 jusqu’à ce jour, cette famille est victime des tracasseries orchestrées par des services de sécurité. Plusieurs actes judiciaires, note-t-il, en témoignent. L’avocat indique que les démarches menées par son cabinet pour connaître les mobiles et les faits infractionnels mis à la charge de cette famille était accusée d’avoir participé à des attaques des quelques centres pénitentiaires de la ville de Kananga et de Kinshasa, en 2017, et qu’elle était membre effectif du « mouvement insurrectionnel Kamuina Nsapu ». Il poursuit qu’après l’enlèvement de Nico Kasanda Bishima à Kananga, son beau-frère Pathy Mulowayi avait aussi été arrêté quelques mois plus tard par les services de renseignement de Kinshasa (services spéciaux) et a eu à subir plusieurs interrogatoires et tortures. « C’est dans ces conditions qu’on lui a présenté plusieurs photos des individus soi-disant récidivistes faisant l’objet de poursuites par les services de renseignement et parmi lesquels, il était obligé de reconnaître son beau-frère Nico Kasanda Bishima, sa sœur Mamie MusuaKasanda, Siméon Tshimanga Kasanda et consorts comme complices et a été contraint de faire plusieurs fausses déclarations », a argumenté l’avocat. L'infortuné aurait notamment avoué, selon Me Danny Mukalenge, qu’ en août 2016, Nico Kasanda Bishima avait eu une liaison avec le chef coutumier feu Kamuina Nsapu à Kananga ; que la famille Kasanda avait reçu dans sa maison située à Limete industriel, à Kinshasa, un groupe de membres de la famille du feu chef coutumier, en provenance de Kananga, et qu’après un séjour de deux jours, ces visiteurs seraient subitement disparus de la maison. Ces déclarations obtenues sous tortures ont fait, a souligné l’avocat, que toute la famille est à ce jour dans le tourment et tracasseries des services de sécurité (ANR, Demiap, parquet, police, etc.) qui considèrent ses membres comme des principaux suspects des attaques enregistrées à Kinshasa.
Lucien Dianzenza Notification:Non |