La mode : entre élégance et responsabilité environnementaleSamedi 5 Avril 2025 - 23:02 Longtemps perçue comme un symbole de créativité et de style, la mode est aujourd’hui l’un des principaux contributeurs à la dégradation environnementale. Entre surproduction, gaspillage et pollution massive, cette industrie omniprésente menace la planète et appelle à une transformation urgente vers des pratiques durables.
La "fast fashion" a accentué la surproduction et l’incitation à consommer davantage, tout en favorisant le jetable. Cette tendance entraîne des conséquences écologiques alarmantes : 2 à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent de l’industrie textile, et sa consommation en eau atteint 215 000 milliards de litres chaque année, contribuant à l’épuisement des réserves en eau. De plus, des tonnes de microplastiques sont rejetées dans les océans, menaçant les écosystèmes marins. Chaque seconde, l’équivalent d’un camion-poubelle de vêtements est jeté, tandis que les décharges et incinérations contribuent au gaspillage et à la pollution. António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a qualifié cette industrie de "partie émergée d’un iceberg toxique", soulignant l’urgence de repenser nos modes de consommation. Le modèle économique actuel de la mode repose sur une surconsommation alimentée par des campagnes marketing agressives, incitant à un renouvellement constant des garde-robes. Les matières premières comme le coton et le polyester nécessitent d'énormes quantités d'eau et d'énergie, et leur transformation génère des pollutions chimiques. Ce cycle rapide de production-consommation, associé à l'absence d'infrastructures de recyclage efficaces, exacerbe les dommages environnementaux et sociaux, surtout dans les zones de production. Que pouvons-nous faire pour limiter les dégâts ? Pour réduire l'impact de l’industrie textile, il est essentiel d’adopter des solutions durables. Une économie circulaire, axée sur la revente, la réutilisation et le recyclage des textiles, permettrait de limiter les déchets tout en encourageant des pratiques d’achat responsables. Les entreprises doivent également innover en utilisant des fibres durables ou recyclées et adopter des processus de fabrication écologiques. À l’échelle internationale, des politiques renforcées et des réglementations strictes sont nécessaires, comme les traités sur la pollution plastique prévus pour 2024. Enfin, une prise de conscience accrue des consommateurs est essentielle pour soutenir les marques respectueuses de l'environnement. António Guterres appelle à une transformation des modes de production et de consommation, soulignant que la lutte contre le gaspillage est l’affaire de tous. La montée des plateformes de seconde main et les initiatives en faveur de l’économie circulaire montrent que le changement est possible. Mais, pour y parvenir, une mobilisation collective est essentielle pour transformer cette industrie en un levier d’innovation et de durabilité.
Chris Louzany Légendes et crédits photo :Illustration Notification:Non |